Le pays du Cèdre au bord du chaos

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Des Libanais tentent d'éteindre une voiture incendiée, le 25 janvier 2007 à Beyrouth, théâtre d'affrontements depuis plusieurs jours
Des Libanais tentent d'éteindre une voiture incendiée, le 25 janvier 2007 à Beyrouth, théâtre d'affrontements depuis plusieurs jours — Marwan Naamani AFP

Au moins 4 morts et 152 blessés. Des heurts extrêmement violents ont de nouveau éclaté hier à Beyrouth. Pour la première fois depuis la guerre civile (1975-1990), les hostilités ont opposé des sunnites, partisans du Premier ministre libanais Fouad Siniora, à des chiites soutenant l'opposition. Les violences ont pris fin en début de soirée avec le déploiement massif de l'armée dans la capitale, où le couvre-feu a été décrété. De l'avis de nombreux spécialistes, un embrasement des relations entre les deux communautés, par-delà les appartenances politiques, est un scénario dangereux.

Ces affrontements ont coïncidé avec la conférence internationale d'aide pour le Liban, hier à Paris. Fouad Siniora en est reparti avec des promesses d'aide financière totale de 5,8 milliards d'euros pour relancer l'économie de son pays, au bord de la banqueroute avec une dette de 31,6 milliards d'euros. C'est un record. Lors de la conférence Paris II en 2002, le pays du Cèdre avait récolté 4,2 milliards de promesses d'aide, et avait finalement reçu 2,4 milliards.

Au-delà de l'important effort financier de la communauté internationale, Paris III constitue aussi un soutien politique appuyé au gouvernement libanais, menacé par les tentatives de déstabilisation de l'opposition menée par le Hezbollah chiite. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a cependant rappelé que si « la communauté internationale peut aider le Liban », rien ne pourra remplacer un « consensus national » sur les réformes. Au vu de l'explosion de violence d'hier, les chances d'y parvenir restent lointaines. Et malgré la mobilisation financière et politique, le Liban est loin d'être sorti de la crise.

F. V. et A. L. G.

La France et les Etats-Unis ont insisté hier sur le respect complet des résolutions de l'ONU, notamment de la 1701 qui a mis fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël et exige le désarmement du mouvement chiite.