Algérie: Avant la présidentielle, les «voix critiques réduites au silence» dénonce Amnesty

MONDE L'organisation accuse les autorités algériennes de faire taire toutes les protestations…

20 Minutes avec AFP

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika le 8 mai 2012 lors la commémoration du massacre de Setif
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika le 8 mai 2012 lors la commémoration du massacre de Setif — Farouk Batiche AFP

Amnesty International a accusé ce lundi les autorités algériennes d’avoir fait taire les voix critiques et limité la liberté d’expression à l’approche de l’élection présidentielle prévue jeudi.

Le président Abdelaziz Bouteflika, 77 ans dont 15 à la tête de l’Algérie, apparaît comme le favori de ce scrutin malgré ses ennuis de santé qui l’ont empêché de mener lui-même campagne.

«L’accumulation des atteintes à la liberté d’expression à l’approche de l’élection à venir en Algérie souligne les dérangeantes lacunes du pays en matière de droits de l’Homme», a indiqué l’ONG, basée à Londres, dans un communiqué.

«Accroissement de la répression»

La volonté de «faire taire les voix critiques et d’écraser la contestation sociale figure en tête des inquiétudes», a ajouté Amnesty.

«Avec l’élection à venir, (les autorités algériennes) ont accru la répression et montré qu’elles ne toléraient la critique publique à aucun niveau», a affirmé dans un communiqué Nicola Duckworth, directrice générale chargée des recherches à Amnesty.

«Le manque de débat ouvert et les limites posées au droit de critiquer ou de protester pour exprimer des doléances sociales ou des demandes politiques jettent le doute» sur le scrutin, a estimé Amnesty.

Harcèlement des manifestants et syndicalistes

L’Algérie, qui a connu une guerre civile meurtrière dans les années 1990, a levé l’état d’urgence en 2011, «mais des restrictions sont toujours imposées à la liberté d’expression, d’association et d’assemblée», a-t-elle ajouté.

Evoquant «les troubles économiques et sociaux alimentés par la corruption, l’augmentation du coût de la vie, un taux de chômage important et le manque d’accès au logement», l’organisation indique que les autorités ont «répondu aux protestations en les dispersant par la force, en harcelant et en arrêtant des manifestants et militants syndicalistes».

La campagne pour l’élection présidentielle de jeudi en Algérie s’est achevée dimanche après des échanges d’une rare violence, le président sortant Abdelaziz Bouteflika accusant de «terrorisme» son principal rival Ali Benflis. Les Algériens sont appelés aux urnes le 17 avril pour élire leur président.