Couvre-feu à Beyrouth après la mort de 4 étudiants

C. L. Avec AFP

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Les affrontements à coups de pierres et de bâtons, devant l'université arabe de Beyrouth située dans le sud de la capitale, se sont étendus aux quartiers limitrophes, chiites et sunnites.
Les affrontements à coups de pierres et de bâtons, devant l'université arabe de Beyrouth située dans le sud de la capitale, se sont étendus aux quartiers limitrophes, chiites et sunnites. — Marwan Naamani AFP

L'armée libanaise a annoncé jeudi soir la mise en place d'un couvre-feu à Beyrouth, la capitale libanaise, après le décès d'au moins quatre personnes, selon le bilan fourni par la presse britannique. Plus de 150 personnes ont été blessées dans des affrontements entre partisans du gouvernement libanais et opposants, qui ont embrasé les quartiers à majorité musulmane de Beyrouth.

Ces violences entre sunnites et chiites, d'une ampleur sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), interviennent 48 heures après la grève générale décrétée par l'opposition, menée par le Hezbollah chiite allié à des partis chrétiens, qui avait déjà été émaillée de violences meurtrières.

Cette explosion de violence a coïncidé avec la conférence d'aide internationale pour le Liban, organisée à Paris en présence du Premier ministre Fouad Siniora, soutenu par les pays occidentaux.

Les leaders des deux camps ont immédiatement lancé des appels au calme, exhortant leurs partisans à se retirer de la rue. Le chef du Hezbollah appelant même ses partisans à respecter le couvre-feu.

Les affrontements à coups de pierres et de bâtons ont commencé à l'Université arabe, située dans le sud de Beyrouth, après une dispute entre des étudiants dans la cafétéria.

l'armée déployée dans la capitale

Ils se sont ensuite étendus aux quartiers limitrophes, chiites et sunnites, notamment ceux de Tariq Jadidé et de Zokak Al-Blat où des jeunes casseurs ont incendié des voitures et des pneus.

L'armée a immédiatement déployé des centaines de soldats appuyés par des blindés, ainsi que des unités de commando spéciales, qui ont ouvert le feu en l'air de façon nourrie pour tenter de séparer les ennemis, mais ont été accueillis par des jets de pierres et des coups de bâton.

Les directions de l'Université arabe et de l'Université libanaise ont annoncé la suspension des cours jusqu'à lundi.


trois morts mardi

Des bagarres similaires avaient éclaté mardi à Beyrouth, notamment dans le quartier de l'Université arabe où cohabitent sunnites et chiites, lors de la journée de grève générale organisée par l'opposition, soutenue par Damas et Téhéran, qui réclame la démission de Fouad Siniora. Trois personnes avaient été tuées.

En organisant cette journée de grève, qui a paralysé le pays, l'opposition entendait marquer une «escalade» dans la fronde anti-gouvernementale lancée le 1er décembre, à deux jours de la conférence de Paris.

Le Liban a obtenu, lors de cette réunion, des promesses d'aide de 7,6 milliards de dollars de la communauté internationale.