VIDEO. Ce qui pourrait arriver si 1.500 personnes traversaient la rue en envoyant des textos

JAPON Un opérateur de téléphonie a réalisé une simulation...

Mathias Cena
— 
Le carrefour de Shibuya, à Tokyo.
Le carrefour de Shibuya, à Tokyo. — JPDN/SIPA

Tap-tap-tap-… bam! Alors que le nombre de personnes qui marchent avec les yeux rivés sur leur téléphone ne cesse d’augmenter, les accidents se multiplient. Au Japon, très friand de jeux sur mobile, le phénomène, qui a même un nom, «aruki-sumaho» (marcher + smartphone), est peut-être plus qu’ailleurs un danger.

ドコモがJR新宿駅に出した歩きスマホ広告 ワロタwwwwwww pic.twitter.com/2kHHABlL0h
— ついついワロス (@warosu_tuitui_w) April 10, 2014

 

«Regarder son smartphone en marchant, c’est dangereux (mais bon, les gens concernés ne voient pas ce message de toute façon)», dit cet avertissement/publicité géant, installé dans des escaliers de la gare de Shinjuku à Tokyo par l’opérateur de téléphonie Docomo.


Voir la vidéo originale par ici

Que se passe-t-il quand les risques de collision avec les autres passants sont déjà élevés même sans téléphone, comme au carrefour de Shibuya, à Tokyo? Des centaines de personnes empruntent simultanément ce passage piéton géant, l’un des plus fréquentés au monde, traversant dans toutes les directions. Docomo, le principal opérateur de téléphonie mobile au Japon, a réalisé en partenariat avec l’Institut de technologie d’Aichi une simulation informatique d’un cas quelque peu extrême: 1.500 piétons ayant les yeux rivés sur autant de téléphones traversent au même moment.

446 collisions, 103 chutes, 21 téléphones à terre
 

Pour cette simulation, il a été considéré que le champ de vision d’une personne regardant son téléphone en marchant est réduit à 5 % de la normale, et qu’elle ne voit les autres passants que s’ils approchent à moins de 1,5m. Les 1.500 «piétons», qui marchent à 3, 4 ou 6 km/h, ont été dotés de trois comportements différents si quelqu’un arrive en face: s’immobiliser, faire un pas de côté ou continuer à avancer tout droit. Oubliant tout réalisme, il a été décidé qu’en cas de collision, ces passants décidément modèles s’arrêteraient pour s’excuser, laisseraient tomber leur téléphone ou s’effondreraient sur la chaussée.

Le bilan, recréé sur cette vidéo, est le suivant: 446 collisions, 103 chutes, 21 téléphones tombés à terre, et seulement 36 % de passants qui arrivent de l’autre côté avant que le carrefour ne soit abandonné aux voitures, au bout de 46 secondes. En revanche, on ne sait pas combien ont présenté leurs excuses.