Trente-six pays réunis au chevet du Liban

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« Vous allez voir à Paris une énorme démonstration de soutien au Premier ministre, Fouad Siniora », a prévenu le bras droit de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, avant la conférence internationale sur le Liban (« Paris III »), qui se tient aujourd'hui à Paris et s'annonce cruciale pour l'avenir du pays. Le chef du gouvernement libanais en aura doublement besoin. D'abord pour éviter la banqueroute à son pays – dont la dette s'élève à 41 milliards de dollars (31,6 milliards d'euros) – en soutenant son plan de réformes pour relancer l'économie, mise à mal par la guerre cet été entre Israël et le Hezbollah. Ensuite parce que Siniora, proche des Occidentaux, est plus que jamais fragilisé par l'opposition prosyrienne, qui multiplie les démonstrations de force depuis novembre pour le faire tomber.

Jusqu'à présent, le Premier ministre a tenu. Mardi, l'opposition, menée par le Hezbollah, a réussi à paralyser le pays en appelant à la grève générale au Liban, où de violents affrontements ont fait trois morts et plus de cent trente blessés, mais elle a raté sa cible. L'opposition a suspendu le mouvement dans la soirée, mais a menacé de recourir à l'escalade. Côté français, on espère que l'aide financière promise à Paris III apaisera ces tensions.

Plusieurs fois repoussée à cause de l'instabilité politique, la conférence doit réunir trente-six pays et quatorze organisations internationales. Quelle somme le Liban peut-il en espérer ? « On ne veut pas donner de chiffres précis, affirme-t-on à Paris, mais on espère plus que ce qui avait été obtenu lors de Paris II [2,4 milliards de dollars]. » Des experts du FMI évoquent de leur côté une « hypothèse de travail » de 9 milliards de dollars, par étapes. Quelques délégations ont d'ores et déjà annoncé le montant : l'Union européenne a promis de donner 400 millions d'euros et la France accordera un prêt de 500 millions d'euros.

Faustine Vincent

Le gouvernement et les institutions libanais sont quasiment paralysés depuis le départ, en novembre, de six ministres prosyriens. Ces démissions ont aggravé la crise provoquée par l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en 2005. Depuis, le Liban est le théâtre d'une lutte d'influence entre Occidentaux – Américains et Français en particulier – d'une part, la Syrie et l'Iran d'autre part, qui soutiennent le Hezbollah chiite, principal parti de l'opposition libanaise.