Vol MH370: Combien coûtent les recherches?

CRASH Trois pays ont déjà dépensé plusieurs millions d’euros en un mois…

B. de V.

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Un navire de la marine malaisienne et un hélicoptère américain dans le golfe de Thaïlande, le 12 mars 2014
Un navire de la marine malaisienne et un hélicoptère américain dans le golfe de Thaïlande, le 12 mars 2014 — OS1 Claudia Franco US Navy

36 millions d’euros. Ce sont les recherches les plus chères de l’histoire de l’aviation. En un mois, depuis la disparition du vol MH370, les dépenses dépassent déjà le coût de deux années de recherches du vol Rio-Paris qui s’était abîmé en 2009, selon des premières estimations réalisées par les médias australiens.

Les gouvernements et les experts militaires affirment cependant qu’il est difficile d’estimer les coûts totaux de la recherche en cours. Plus d’une douzaine de pays y ont participé depuis le début de l'opération supervisée par la Malaisie. De nombreux pays ont déployé des avions et des bateaux dans l'océan Indien, dont la Chine, l’Australie, la Malaisie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Japon et la Corée du Sud.

Qui sont les trois plus gros contributeurs?

Le premier est la Chine, qui comptait 153 ressortissants à bord du vol MH370. Un expert, cité dans le China Times, estime que la mobilisation de 21 satellites avait coûté environ 16 millions de dollars (12 millions d’euros). Pékin a aussi mobilisé entre autres trois bateaux, un vaisseau amphibie, deux hélicoptères et deux avions pour effectuer des recherches à l’ouest de l’Australie, là où des débris avaient été repérés. Sans compter le carburant, l’eau, la nourriture et les salaires, poursuit l’expert.

L’Australie, pays le plus proche des zones de recherches, serait pour l’instant le deuxième contributeur financier. Le coût de mobilisation de ses navires HMAS Success après 14 jours en mer et MHAS Toowoomba après 7 jours en mer dépasserait les 7 millions d’euros, rapporte le Sydney Morning Herald. Les dépenses sont d’environ 500.000 euros par jour et ceux du HMAS Toowoomba de près de 300.000 euros par jour. Le ministère a cependant affirmé qu’à cela s'ajoutent aussi des coûts indirects comme l’administration générale par exemple.

En troisième position viennent les Etats-Unis. L’US Navy a notamment alloué 2,6 millions d’euros pour déployer un détecteur de signal et un drone sous-marin sur le vaisseau parti en recherche de la boîte noire du Boeing disparu, selon le Sydney Morning Herald. Le Pentagone a par ailleurs déclaré mercredi dernier avoir indépendamment dépensé 2,4 millions d’euros en bateaux et avions.

Les coûts annexes gonflent la facture

Le quotidien australien compte aussi 18 millions d’euros qui correspondent au coût de 10 heures de vol hebdomadaire des avions non-américains pendant quatre semaines, selon les estimations de Geoff Dell, un expert en crash d’avion de l’université de Central Queensland. Le Sydney Morning Herald ajoute enfin les 6 millions d’euros que le Vietnam aurait dépensés pour rechercher l’avion au sud de la Mer de Chine.

Et c’est sans compter le coût des services d’intelligence, de la police et de tous les enquêteurs et spécialistes mobilisés par la Malaisie, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. D’autant que, malgré les espoirs du «signal» détecté par un patrouilleur chinois lundi, les recherches sont probablement loin d’être finies.

Qui remboursera la note?

S’ils se montrent pour l’instant généreux, les pays engagés ne vont pas continuer à dépenser sans compter. D’autant que le remboursement des sommes engagées est loin d’être acquis. S’il est peu probable qu’ils présentent la facture à la Malaisie, ils pourraient se retourner contre Boeing ou la Malaysia Airlines, affirme Le Figaro.

Mais pour obtenir ces indemnités, les États impliqués dans les recherches doivent d’abord trouver les boîtes noires qui détermineront les responsabilités de chacune des parties. Et engager une procédure judiciaire qui ne manquera pas d’être longue et coûteuse avant un éventuel procès.