L’Utah, sixième Etat américain à interdire le «revenge porn»

MONDE Les vidéos et photos postées sur les réseaux sociaux pour se venger d’un ou d’une ex sont désormais punies par la loi dans six Etats américains…

Audrey Chauvet

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Illustration de Facebook.
Illustration de Facebook. — RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

Fini les vidéos compromettantes dans l’Utah: l’Etat de l’ouest des Etats-Unis est depuis ce lundi le sixième du pays à punir par la loi les photos et vidéos de «revenge porn», ces images d’ex partenaires dans des tenues ou des positions explicitement sexuelles postées sans leur consentement sur les réseaux sociaux.

L’auteur initial puni, mais pas les relayeurs

Déjà interdit en Alaska, dans l’Idaho, au Texas, en Californie et dans le New Jersey, le «revenge porn» est un phénomène qui peut faire des ravages lorsque les victimes découvrent des images d’elles sur les réseaux sociaux. L’intention de blesser émotionnellement ou de faire souffrir justifie, pour la loi de l’Utah, de sanctionner les images. Elle laisse toutefois un grand vide juridique puisqu’elle ne pourra condamner que l’auteur de la première publication, et non les relais faits par d’autres internautes sur le Web ni les administrateurs de sites dédiés à ce genre d’images qui demandent parfois de l’argent aux victimes pour retirer les vidéos dans lesquelles elles apparaissent.

En Californie, les personnes qui posent de telles images sur le Web risquent une peine de prison tandis que les propriétaires de sites web qui feraient du chantage aux victimes encourent une amende de 1.000 dollars. Un de ces administrateurs de site a été récemment arrêté après avoir extorqué des milliers de dollars par ce genre de chantage.

L’Australie et Israël se sont également dotés d’une législation interdisant le «revenge porn». En France, une affaire avait été jugée en juin dernier dans le Doubs mais le tribunal n’avait pas puni l’ex éconduit.