Vol MH370: La traque des boîtes noires, une course contre-la-montre

CRASH  Elles devraient fournir un certain nombre de réponses...

C.B.

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Un soldat dans un avion de l'armée australienne scrute l'océan Indien à la recherche d'éventuels débris du vol MH370 de la Malaysia Airlines, le 22 mars 2014
Un soldat dans un avion de l'armée australienne scrute l'océan Indien à la recherche d'éventuels débris du vol MH370 de la Malaysia Airlines, le 22 mars 2014 — Rob Griffith Pool

Les débris repérés dans le sud de l’océan Indien sont-ils bien ceux du vol MH370? Et où sont les boîtes noires? Alors que ces questions hantent les familles des victimes, les équipes de recherches ont dû ajourner leurs opérations au moins jusqu’à mercredi. La faute à une météo trop défavorable, la zone étant balayée par des vents violents et des pluies fortes. Bref, il faut attendre, alors que le temps presse.

Que cherche-t-on précisément? 

A repêcher les débris repérés lundi par plusieurs avions militaires pour vérifier s’ils appartiennent bien au Boeing du vol MH370, et surtout, à retrouver les boîtes noires de l’appareil, qui sont en fait de couleur orange ou rouge.

Comme dans n’importe quel avion de ligne, il y en a deux. Primo, le CVR (Cockpit voice recorder), c’est-à-dire l’enregistreur de vol «phonique», qui conserve les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Secundo, le FDR (Flight data recorder), qui enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.).

De combien de temps dispose-t-on? 

Les boîtes noires sont équipées d’une balise qui se déclenche en cas d’immersion. Elle émet dès lors un signal à ultrason pendant au moins 30 jours. L’avion s’étant abîmé le 8 mars dernier, les équipes de recherches disposent donc d’une quinzaine, peut-être même d’une vingtaine de jours devant elles.

C’est peu, d’autant que le signal a une portée de seulement 2km… Or, les recherches s’étendent sur une zone immense, à quelque 2.500km au sud-ouest de Perth, sur la côte occidentale australienne. De plus, si le signal de la balise peut être capté jusqu’à 6.000 mètres de profondeur, celle de l’océan Indien peut grimper jusqu’à près de 7.500 mètres… Avec toutefois une moyenne à 4.210 mètres.

Comme l’explique Mark Binskin, chef adjoint des armées australiennes: «Nous n’essayons pas de trouver une aiguille dans une botte de foin, nous en sommes encore à l’étape de chercher la botte de foin.»

Pour les experts, retrouver les boîtes noires serait donc un vrai petit miracle. Ceci dit, ces trente-cinq dernières années, ces boîtes ont toujours été repêchées, même quand leurs balises avaient cessé d’émettre. C’était le cas par exemple pour le vol Rio-Paris: les boîtes noires ont été retrouvées au printemps 2011 grâce à un robot sous-marin, près de deux ans après le crash.

Quels sont les moyens déployés? 

Des avions, des navires et tout un arsenal technique sont à l’affût de la moindre trace du Boeing 777 de Malaysia Airlines. Quant à la marine américaine, elle a dépêché lundi matin un navire équipé d’un système de localisation de boîtes noires dans la zone où se concentrent les recherches. Il arrivera sur les lieux mercredi. D’autres navires suivront à partir de vendredi.

Quelles réponses peuvent apporter les boîtes noires?

Elles pourraient malheureusement ne pas fournir toutes les clés du mystère. A priori, le FDR viendra apporter quantité d’informations sur la trajectoire du vol, mais l’enregistreur de vol phonique conserve seulement les deux dernières heures des conversations en vol. Les mots échangés lors du brusque changement de cap, à mi-chemin entre les côtes malaisiennes et vietnamiennes, sont donc perdus.

Et au final, il sera peut-être impossible de savoir, parmi les trois scénarios les plus plausibles -le détournement, un sabotage de la part d’un ou des deux pilotes, une crise soudaine qui rend incapables d’agir les pilotes et l’équipage et laisse l’appareil en pilotage automatique jusqu’à la fin- lequel est le bon.