Centrafrique: Hollande demande à l’Europe de se bouger

ARMEE Pour que la force militaire européenne en Centrafrique passe de 375 à 500 personnes

avec AFP

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  									A Yaloke, près de Bangui (Centrafrique) le 9 février 2014 , quelque 500 musulmans restent près de la mosquée sous la protection de la force française Sangaris. 
A Yaloke, près de Bangui (Centrafrique) le 9 février 2014 , quelque 500 musulmans restent près de la mosquée sous la protection de la force française Sangaris.  — LAURENCE GEAI/SIPA

François Hollande a lancé un appel vendredi à Bruxelles pour que la force militaire européenne en Centrafrique (Eufor) soit suffisamment dotée à partir de lundi pour pouvoir intervenir au plus vite. «Il faut 500 personnels, il y en a pour l'instant 375, donc il y a un effort à faire», a déclaré Hollande lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen largement consacré à l'Ukraine. «Je pense que l'appel que j'ai lancé, qui a été relayé par Herman Van Rompuy (président du conseil européen) et Catherine Ashton (chef de la diplomatie européenne) sera entendu», a-t-il ajouté.

Les pays européens rechignent jusqu'à présent à mobiliser les effectifs et les moyens, notamment logistiques, nécessaires au lancement d'Eufor-RCA destiné à venir en appui aux forces africaines et françaises. Une centaine de soldats manquent pour pouvoir lancer l'opération militaire européenne en Centrafrique, qui devait initialement démarrer cette semaine, a indiqué mercredi le commandant de cette force, le général français Philippe Pontiès, jugeant la situation «préoccupante».

Une question de «crédibilité de l'Europe»

«J'ai insisté là-dessus auprès des chefs de gouvernement qui avaient déjà fait des gestes ou qui avaient émis de promesses pour que nous puissions, lundi, avoir les effectifs suffisants», a dit Hollande. Il ne s'agit «pas de troupes combattantes mais essentiellement de personnels qui pourraient se déployer pour le transport notamment des troupes africaines, pour la logistique et pour la santé». Il a jugé que le lancement d'Eufor-RCA était une question de «crédibilité de l'Europe».

Aucun dirigeant n'a publiquement indiqué vendredi de nouvelles contributions à l'opération, qui devrait notamment s'appuyer sur le déploiement d'une centaine de soldats de Géorgie, un pays non-membre de l'UE. La crise ukrainienne et les risques militaires associés polarisent l'attention de nombreux pays de l'UE, notamment ceux d'Europe de l'est qui étaient initialement prêts à participer à Eufor-RCA, selon un responsable européen. Hollande a par ailleurs indiqué qu'il recevrait la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza avant le prochain sommet UE-Afrique prévue les 2 et 3 avril à Bruxelles.