Le président turc dénonce le blocage de Twitter par le gouvernement

WEB «On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux (...) J'espère que cette situation ne durera pas longtemps», a écrit le chef de l'Etat dans plusieurs tweets successifs...

B.D. avec AFP

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Le chef de l'Etat turc Abdullah Gül à Budapest, le 17 février 2014
Le chef de l'Etat turc Abdullah Gül à Budapest, le 17 février 2014 — Attila Kisbenedek AFP

Le président turc Abdullah Gül a dénoncé ce vendredi sur son compte Twitter le blocage jeudi soir de ce réseau social par le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, éclaboussé par un scandale de corruption.

«On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux (...) J'espère que cette situation ne durera pas longtemps», a écrit le chef de l'Etat dans plusieurs tweets successifs.

Abdullah Gül, qui avait déjà une première fois contredit le Premier ministre quand celui-ci avait menacé aussi d'interdire Facebook et Youtube le mois dernier, a une nouvelle fois exprimé sa différence. «Comme je l'ai déjà précisé à maintes reprises, il est en fait impossible de bloquer entièrement l'accès technique à des plateformes sociales telles que Twitter», a répété le chef de l'Etat, soulignant que seuls certains sites directement visés par la justice pouvaient faire l'objet d'une fermeture.

 

 

Cette interdiction constitue la riposte du gouvernement islamo-conservateur à la diffusion quotidienne sur le net, depuis plus de trois semaines, d'extraits de conversations téléphoniques piratées de M. Erdogan le mettant en cause dans un vaste scandale de corruption

Vendredi, la principale force d'opposition au Parlement, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le président de l'Association des barreaux turcs (TBB), Metin Feyzioglu, ont saisi la justice pour réclamer un sursis de l'exécution de l'autorité gouvernementale des télécommunications (TIB) d'interdire le site de microblogging.