A la recherche du vol MH370 dans les mers australes reculées

ENQUETE Depuis jeudi, les recherches se concentrent au sud-ouest de l’Australie, dans une région considérée comme l’une des plus isolées de la planète…

avec AFP

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Maintenance d'un des appareils utilisés pour les recherches par l'Australie, le 18 mars 2014.
Maintenance d'un des appareils utilisés pour les recherches par l'Australie, le 18 mars 2014. — LEADING SEAMAN JUSTIN BROWN / AUSTRALIAN DEFENCE / AFP

Cinq avions scrutaient vendredi le sud de l'océan Indien, à la recherche d'objets flottants repérés par images satellitaires, peut-être des débris du vol MH370 disparu il y a presque deux semaines, mais les autorités soulignaient la difficulté de l'opération dans ces mers australes isolées.

Treize jours après la disparition du Boeing 777 de Malaysia Airlines, entre Kuala Lumpur et Pékin, les recherches se concentrent sur une vaste étendue d'eau glacée de quelque 23.000 km2, à 2.500 km au sud-ouest de Perth, la principale ville de la côte ouest australienne. Très loin de la trajectoire initiale de l'avion, qui avait à son bord 239 personnes.

Chaque avion ne peut effectuer que deux heures d’observation avant de revenir à terre

L'enquête a été relancée la veille par deux larges objets flottants, dont un de 24 mètres, distingués à grand peine sur des images satellites qui datent de dimanche. Qualifiée de «nouvelle et crédible» par le Premier ministre australien Tony Abbott, cette piste est «probablement la meilleure que nous ayons pour le moment», selon le responsable de l'Autorité australienne de sécurité maritime (AMSA), John Young.

Cinq appareils d'Australie, de Nouvelle-Zélande et des États-Unis prenaient part aux recherches vendredi. Les premiers survols, jeudi, n'avaient rien donné, les opérations ayant souffert de mauvaises conditions météo. Le temps doit s'éclaircir vendredi et faciliter l'observation des flots, selon l'agence australienne de météorologie. Mais la zone à couvrir est très loin des côtes et chaque appareil ne peut effectuer que deux heures d'observation avant de revenir à terre. Un navire marchand norvégien est arrivé jeudi dans la zone pour participer aux opérations. Un navire australien, le HMAS Success, assez puissant pour remorquer d'énormes débris, est en route mais n'arrivera pas sur place avant plusieurs jours.

«Une région parmi les plus isolées de la planète»

Après plusieurs fausses alertes, les autorités veillaient à souligner la complexité des opérations et rappelaient que les objets repérés sur les images ne provenaient peut-être pas du Boeing 777. De plus, depuis leur détection, ces objets ont pu dériver. Pour le ministre australien de la Défense, David Johnston, c'est un «cauchemar logistique». «Nous sommes dans une région parmi les plus isolées de la planète. En fait, on peut difficilement faire plus isolé», a-t-il dit à la télévision australienne.

Mais cette piste n'en relance pas moins l'enquête, engluée depuis des jours dans la confusion, les récriminations, les fausses pistes et les plus folles rumeurs.