Après la Crimée, la Russie peut-elle annexer d’autres régions?

MONDE Vladimir Poutine pourrait avoir des velléités expansionnistes…

Audrey Chauvet
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Des manifestants déploient le drapeau de Crimée au centre de Simferopol le 18 mars 2014
Des manifestants déploient le drapeau de Crimée au centre de Simferopol le 18 mars 2014 — Filipo Monteforte AFP

La Crimée ne suffit pas. Après l’annexion de la région russophone du sud de l’Ukraine, le monde s’interroge sur les volontés d’expansion de Vladimir Poutine. Transnistrie, Abkhazie, Ossétie seront-elles bientôt les nouveaux territoires à gagner pour la Russie?

«Il y a des inquiétudes en Moldavie sur l’avenir de la Transnistrie, qui est sous occupation russe depuis vingt ans, explique Laurent Chamontin, spécialiste de la Russie et de l’Ukraine, auteur de L’empire sans limites (éd. de l’Aube). Mais de là à ce que le rattachement à la Russie se matérialise, il y a un pas.» Si la Russie veut donner l’impression d’une annexion naturelle de la Crimée, il ne faut pas perdre de vue que «l’Ukraine a réagi faiblement pour le moment, mais quand elle aura reconstitué ses forces, que se passera-t-il?» s’interroge Laurent Chamontin.

Une «mise en scène» de Poutine

Si l’Ukraine bénéficie d’un appui de l’Otan, les choses pourraient devenir plus compliquées pour la Russie, même si Vladimir Poutine considère qu’il doit restaurer la puissance de son pays et rassembler le peuple russe, le «peuple le plus dispersé au monde» selon le Kremlin. Des annexions de territoires russophones font donc pleinement partie de la stratégie de Vladimir Poutine: «C’est clairement la mise en scène que Poutine a choisie pour exister sur la scène intérieure en Russie. Il parle à un public nostalgique de l’URSS et conservateur qui constitue sa base électorale», estime Laurent Chamontin.

Les régions russophones de l’Ukraine, de la Moldavie, ou encore de la Biélorussie et du Kazakhstan pourraient ainsi être les prochaines cibles de la Russie. Mais la «grande Russie» n’est encore qu’un rêve pour Poutine: «La grande Russie vient quand même de subir un sacré revers en Ukraine car avant l’annexion de la Crimée, le grand projet d’union eurasiatique de Poutine a été sérieusement mis à mal par les événements en Ukraine.» Les jeux sont loin d’être faits pour Vladimir Poutine.