Un militaire russe en Crimée le 3 mars 2014.
Un militaire russe en Crimée le 3 mars 2014. —

MONDE

Ukraine: Le conflit s'intensifie en Crimée

Le président par intérim «a donné au pouvoir autoproclamé de la Crimée trois heures pour libérer tous les otages»...

Dans une nouvelle réplique au rattachement de la Crimée à la Russie, Kiev a décidé mercredi d'introduire les visas pour les Russes et de sortir de la Communauté des états indépendants (CEI) regroupant onze ex-républiques soviétiques. Simultanément, dans un climat de tension croissante, Kiev a donné mercredi trois heures aux autorités de la Crimée pour libérer le chef de sa marine, capturé plus tôt par les forces pro-russes lors de l'occupation du QG des forces navales à Sébastopol.

Le président par intérim Olexandre Tourtchinov «a donné au pouvoir autoproclamé de la Crimée trois heures pour libérer tous les otages», dont le commandant de la marine Serguiï Gaïdouk, en menaçant de prendre des «mesures adéquates» de représailles, selon un communiqué. Il s'agit d'otages «militaires et civils», indique-t-il, sans préciser leur nombre ou leur identité. Les bases militaires ukrainiennes en Crimée sont encerclées depuis plusieurs semaines par les forces russes et pro-russes.

Un plan d'évacuation des militaires et de leurs familles

Parallèlement, l'Ukraine prépare un plan d'évacuation des militaires et de leurs familles, a indiqué le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï. C'est aussi Paroubiï qui a annoncé que le ministère des Affaires étrangères était chargé d'introduire un régime de visas avec la Russie et que l'Ukraine entamait le processus de sortie de la CEI. Cette dernière mesure a une importance avant tout symbolique, mais elle signifie aussi que l'Ukraine, grand pays industriel et agricole, s'éloigne encore plus de la zone d'influence russe.

En revanche, l'instauration de visas risque -surtout si Moscou répond du tac au tac- de gêner des centaines de milliers d'Ukrainiens qui ont des proches ou vont travailler en Russie. La journée a été marquée par l'occupation sans violence du QG naval et d'une autre base ukrainienne par les forces russes, tandis que les premières conséquences économiques du rattachement à la Russie touchaient la péninsule, et que Moscou promettait un pont pour 3 milliards dollars.

Le G7 discutera «de l'exclusion permanente de la Russie» des rangs du G8

Depuis la veille, la péninsule ukrainienne est considérée par Moscou comme faisant partie de la Russie, après la signature par le président Vladimir Poutine d'un traité historique avec les autorités séparatistes. Mercredi matin, les autorités de Kiev, qui ne reconnaissent pas ce qu'elles qualifient d'annexion, ont tenté d'envoyer en Crimée deux ministres, dont celui de la Défense qui se sont heurtés à une fin de non-recevoir des nouvelles autorités de la Crimée.

Sur le plan international, les dirigeants européens, qui se réunissent jeudi et vendredi à Bruxelles, vont chercher à s'entendre sur une riposte crédible à Moscou, mais sans aller jusqu'à des sanctions économiques qui porteraient aussi atteinte à leurs intérêts. Le G7, dont les dirigeants sont convoqués lundi à la Haye, devraient discuter «de l'exclusion permanente de la Russie» des rangs du G8, a déclaré mercredi le Premier ministre britannique David Cameron.