Conseil européen: L'Occident peut-il durcir ses sanctions envers la Russie?

CRISE La situation est extrêmement tendue à la veille d'un sommet européen des 20 et 21 mars sur de nouvelles sanctions…

Bertrand de Volontat

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Le président des Etats-Unis Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine peuvent-ils s'entendre sur la Crimée?
Le président des Etats-Unis Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine peuvent-ils s'entendre sur la Crimée? — Eric Feferberg AFP

La pression monte sur les Occidentaux. Après l’annonce ce lundi de sanctions individuelles symboliques concernant un nombre limité de hauts responsables russes et ukrainiens pro-russes et alors que Poutine reste imperturbable face à ces menaces occidentales, que peut-on attendre du sommet européen débutant ce jeudi? L’Occident est-il condamné à prendre des sanctions molles… dans son propre intérêt?

  • Comment expliquer la faiblesse des sanctions?

Entre la crise financière et l’absence d’unité militaire, l’Occident montre ses limites pour contrer la Russie. Les enjeux économiques ont joué un rôle dans la timidité de l’offensive économique de Bruxelles. Sur le plan énergétique, les Allemands sont très dépendants de la Russie, Moscou est un client pour le secteur de l’armement en France et les oligarques sont très influents à La City à Londres. Alors peut-on croire à des sanctions plus fortes? En réalité, l’Occident espère ne pas devoir aller plus loin, selon le magazine Foreign Policy.

  • Que peut-on attendre de plus en termes de sanctions?

De la part d’Obama. Le président américain a parlé dès lundi de sanctions supplémentaires à l’égard de la Russie. Des annonces renforcées par la signature de Poutine ce mardi du traité rattachant la Crimée à la Russie, ignorant les menaces. Les listes de noms n’étaient donc qu’une première attaque.

De la part de Hollande. «Le prochain Conseil européen les 20 et 21 mars prochains doit fournir l’occasion d’une réponse européenne forte et coordonnée à la nouvelle étape qui vient d’être franchie», a-t-il assuré. Laurent Fabius a déclaré que Paris pourrait suspendre la vente de deux navires polyvalents Mistral à Moscou, aux termes d’un contrat signé en 2011.

De la part de Merkel. «Parallèlement aux sanctions prises, nous allons privilégier le dialogue, nous allons privilégier la discussion», a martelé la chancelière allemande. L’intérêt d’une telle stratégie est qu’elle permet à l’Occident de donner les apparences de la fermeté tout en laissant la porte ouverte à la diplomatie, souligne le New York Times. À condition que Moscou joue le jeu. Ce qui n’a pas été le cas.

De la part de Cameron. Le G7, dont les dirigeants sont convoqués ce lundi à la Haye, devrait discuter «de l’exclusion permanente de la Russie» des rangs du G8, a déclaré mercredi le Premier ministre britannique.

De la part de l’Occident. Viser l’activité des deux géants russes Gazprom et Rostnef est une bonne idée, selon Foreign Policy, qui rappelle que l’économie russe est déjà instable. Mais les conséquences seraient dures pour l’Europe qui s’appuie à 30 % sur ces ressources de gaz. En attendant de voir si l’Occident décide d’aller plus loin, les hommes d’affaires russes sont susceptibles de se désengager des pays européens où ils avaient investi, afin d’échapper à d’éventuels gels de leurs avoirs.