Vol MH370: La Chine fustige la Malaisie pour son manque de transparence

ENQUETE Des internautes chinois appellent au boycott de la Malaisie pour «obliger les autorités à dire la vérité»...

R.L. avec AFP

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Des étudiants chinois prient pour les passagers du Boeing disparu de Malaysia Airlines, à Zhuji le 10 mars 2014
Des étudiants chinois prient pour les passagers du Boeing disparu de Malaysia Airlines, à Zhuji le 10 mars 2014 — AFP

Le Premier ministre chinois Li Keqiang a sèchement demandé lundi à son homologue malaisien de fournir des informations avec «ponctualité, précision et exhaustivité» sur le Boeing de Malaysia Airlines disparu il y a dix jours, avec à son bord 239 personnes, dont 153 Chinois, rapporte l’AFP.

Appel au boycott

Depuis une semaine, les médias d’Etat chinois ont multiplié les éditoriaux virulents, tançant les autorités malaisiennes pour leur manque de transparence, puis pour leur annonce tardive que le changement de cap de l’avion avait été une manoeuvre «délibérée», ce qui orientait les recherches dans une tout autre direction.

Exaspérés, les internautes chinois aussi se déchaînent. Sur les réseaux sociaux, notamment Weibo, l’équivalent de Twitter en Chine, ils pressent leur gouvernement à adopter des sanctions économiques contre la Malaisie et appellent au boycott touristique du pays.

«La Chine devrait boycotter la Malaisie pour les obliger à dire la vérité», a écrit sur Weibo, Zhang Kai, un avocat basé dans la province de Zhejiang en Chine.

«Triangle infernal»

Si la Chine a entamé mardi des recherches sur son territoire, elle peine pourtant elle-même à jouer le jeu de la transparence -comme en a témoigné lundi un point-presse régulier du ministère chinois des Affaires étrangères. Sur les questions de ses passagers ou d’entrée de l’appareil dans Pékin s’est contenté de rappeler qu’elle «collaborait activement avec la Malaisie pour poursuivre les efforts de recherches».

Ce n’est que mardi qu’une brève dépêche de l’agence officielle Chine Nouvelle annonçait, sans précision, que les recherches en territoire chinois «avaient commencé» et qu’aucun élément de l’enquête n’impliquait des passagers chinois.

Au sujet de ces informations floues et distribuées au compte-gouttes de part et d’autre, un expert de la sécurité aérienne, explique à 20 Minutes que la volonté des pays dans cette affaire est de se «dédouaner». «Les États-Unis ne veulent pas que ce soit lié à un problème sur le Boeing, la Malaisie ne veut pas que ce soit de la faute de la compagnie aérienne. Enfin, la Chine comme la Malaisie, ne veulent pas que le problème soit lié à une faille dans leur sécurité aérienne. Malheureusement, ce triangle infernal bloque les informations et fait piétiner l’enquête».