Malaysia Airlines: Les questions clés autour du mystère de l’avion disparu

DISPARITION Pourquoi les passagers n’ont pas appelé leurs proches? Qu'est-il arrivé au pilote? «20 Minutes» fait le point sur les zones d'ombre...

Audrey Chauvet

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Un hélicoptère vietnamien effectue des recherches pour essayer de retrouver le Boeing disparu de Malaysia Airlines, le 11 mars 2014
Un hélicoptère vietnamien effectue des recherches pour essayer de retrouver le Boeing disparu de Malaysia Airlines, le 11 mars 2014 — Hoang Dinh Nam AFP

Dix jours après la disparition du Boeing 777 de Malaysia Airlines, le mystère reste entier. La Chine a annoncé ce mardi commencer des recherches sur son territoire, tandis que lundi les autorités malaisiennes annonçaient que les derniers mots adressés à la tour de contrôle depuis l’avion, «All right, good night» («Très bien, bonne nuit»), avaient été prononcés par le copilote, renforçant l’idée qu’«il s’est passé quelque chose avec le pilote» d’après les experts américains. De nombreuses questions restent néanmoins en suspens.

Pourquoi les passagers n’ont pas tenté de joindre leurs proches?

Aucune tentative de communication n’a été enregistrée par les stations d’écoute. Or, le New York Times rappelle que les passagers du vol 93 de United Airlines détourné aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 avaient passé des coups de fil à leurs proches. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas dans le vol de la Malaysian? La première hypothèse est celle de l’absence de réseau: l’avion volait à environ 30.000 pieds (plus de 9.000m d’altitude), et les experts assurent qu’il est impossible de téléphoner ou de se connecter à Internet à une telle hauteur. Si l’avion volait moins haut, à environ 5.000 pieds pour ne pas être détecté par les radars, il serait possible de passer des appels si la zone survolée avait un fort réseau téléphonique, mais ce n’est pas le cas des deux couloirs que l’avion a pu prendre au-dessus de la Malaisie ou de l’océan Indien.

Les systèmes de communication interne ont-ils été désactivés?

Cela pourrait expliquer l’absence de communication émanant de l’appareil. Très faciles à désactiver par l’équipage, les systèmes de communication auraient pu être mis hors de fonctionnement par des personnes voulant empêcher tout contact avec l’extérieur. Les autorités malaisiennes ont annoncé samedi que la désactivation des appareils, qui est vraisemblablement intervenue quelques minutes après la dernière phrase du copilote, serait «cohérente avec une action délibérée de quelqu’un dans le cockpit».

Qu’est devenu le pilote?

Le PDG de Malaysia Airlines a confirmé lundi soir que la phrase «All right, good night» avait été prononcée par le copilote, et non le pilote du Boeing. Les enquêteurs estiment qu’il a pu «se passer quelque chose avec le pilote», mais quoi? «Pilote accompli», assisté d’un copilote «bon garçon», le capitaine Zacharie Ahmad Shah, 53 ans, n’éveille pour le moment aucun soupçon mais aurait pu être victime de pirates.

Les passagers sont-ils toujours en vie?

Difficile de le savoir tant que l’on ne retrouve pas la trace de l’avion. Bien évidemment, en cas de crash, il y a peu de chances de retrouver des passagers vivants. Mais l’absence de tentatives de communication dans les premières heures de la disparition pourrait aussi s’expliquer par la dépressurisation de la cabine: à plus de 9.000m d’altitude, elle entraînerait l’évanouissement instantané des passagers. Même conscients, les passagers auraient pu ne pas se rendre compte du changement de trajectoire de l’appareil.