Vol MH370: Que sont partis faire les enquêteurs français en Malaisie?

ENQUETE Trois enquêteurs du BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses) ont rejoint ce lundi matin 25 autres délégations à Kuala Lampur en Malaisie, pour aider aux recherches du Boeing 777 disparu il y a maintenant dix jours…

Romain Lescurieux

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Un pilote de l'armée de l'air vietnamienne recherche le Boeing de Malaysia Airlines, qui s'est volatilisé il y a près d'une semaine, au sud du Vietnam le 14 mars 2014
Un pilote de l'armée de l'air vietnamienne recherche le Boeing de Malaysia Airlines, qui s'est volatilisé il y a près d'une semaine, au sud du Vietnam le 14 mars 2014 — Hoang Dinh Nam AFP

«Les autorités malaisiennes ont accepté l’assistance technique du BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses) que Frédéric Cuvillier avait proposée dans les premières heures suivant la disparition du Boeing 777, vol MH370, le 8 mars 2014, dans le cadre de la coopération internationale», a indiqué le ministère ce lundi dans un communiqué.

Christophe Naudin, criminologue en transport aérien, nous offre son éclairage sur ce déplacement, le travail sur place des enquêteurs et les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Recouper les informations: Les trois enquêteurs du BEA sont arrivés lundi matin en Malaisie pour participer aux recherches du Boeing 777. Première mission: confronter les informations avec leur connaissance et leur expertise dans l’aviation. «Les enquêteurs du BEA sont partis analyser et recouper avec leurs connaissances, les informations qu’ils vont pouvoir récupérer de la part des autorités malaisiennes. Mais ils sont confrontés à une grosse rétention d’informations car l’enjeu industriel peut être énorme», explique Christophe Naudin.

Analyser les enregistrements de la couverture radar: «Ils vont voir si les enregistrements de la couverture radar existent et s’ils peuvent les récupérer auprès des autorités malaisiennes, mais aussi de Singapour, du Vietnam et de la Thaïlande». De plus, pour cet expert, les recherches de débris ou d’une carcasse devraient principalement se tourner vers «des zones de l’Océan Indien».

Effectuer des analyses vocales: Ce serait une étape cruciale pour comprendre ce qu’il s’est passé sur ce vol MH370. «Quelqu’un au-dessus du point de report «Igari», a eu comme prévu un contact radio pour donner la position de l’avion. Il devrait donc y avoir des analyses vocales pour savoir qui a parlé au micro à ce moment précis: pilote, copilote ou pirate», affirme-t-il.

Travailler sur le boîtier «Acars» (Aircraft Communication Addressing and Reporting System): Les enquêteurs devraient aussi s’intéresser aux données du boîtier Acars -système de communication codé émettant par satellite- qui transmet des données sur l’avion à un centre opérationnel. «Celui-ci aurait été coupé 14 minutes avant la coupure du transpondeur», commente Christophe Naudin. Ce boîtier est nécessaire pour connaître la position de l’avion et les trajectoires possibles.

Donner des conseils: Enfin, Christophe Naudin note que ce déplacement servira également aux autorités malaisiennes pour gérer la crise. «Les enquêteurs du BEA sont connus pour leur travail sur le vol AF 447 Rio-Paris. Ils devraient donc aider la Malaisie à gérer cette situation».