Crimée: Que va-t-il se passer ce lundi?

CRISE La République séparatiste a voté son rattachement à la Russie dimanche,à 96,6%…

Bertrand de Volontat

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Des habitants de Crimée célèbrent la victoire du oui au référendum le 16 mars 2014 à Sébastopol
Des habitants de Crimée célèbrent la victoire du oui au référendum le 16 mars 2014 à Sébastopol — Viktor Drachev AFP

Le jour d’après. La Crimée s'achemine encore davantage vers le rattachement à la Russie au lendemain d'un référendum marqué par une victoire massive du oui mais dénoncé par Bruxelles qui doit annoncer de nouvelles sanctions et engager des démarches en signe de soutien à l'Ukraine. Ce référendum doit être suivi ce lundi par des décisions institutionnelles à Moscou.

Ce vote de dimanche pourrait permettre à la Russie, une fois la Crimée absorbée, d'étendre son territoire pour la première fois depuis 1945.

A Simféropol. Dans la capitale de la République séparatiste de Crimée qui chantait dimanche soir l'hymne national russe, le parlement local se réunit ce lundi en session extraordinaire pour adopter officiellement une demande de rattachement qu'il adressera à la Russie et confirmer les résultats définitifs du oui. Selon le Premier ministre de la République autonome de Crimée, Serguiï Axionov, l'intégration complète de la péninsule à la Fédération de Russie devrait prendre environ un an. Selon son adjoint, l'introduction du rouble en Crimée pour remplacer la hryvnia ukrainienne pourrait commencer début avril.

A Moscou. Des députés de Crimée s'envolent le même jour pour la capitale russe où la Douma, la chambre basse du Parlement russe, achève la préparation du projet de loi sur l'intégration de la Crimée à la Russie, et le distribuera aux députés qui voteront le projet.

A Bruxelles. Les ministres européens des Affaires étrangères se réunissaient à 8h30 pour décider de sanctions à l'encontre de responsables russes jugés impliqués dans l'intervention en Crimée. L'Union européenne a averti qu'elle mettrait ses menaces à exécution dès lundi en établissant une liste noire de responsables russes et ukrainiens pro-russes visés par des sanctions. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Dechtchytsia, est attendu dans la journée. Par ailleurs, la Commission européenne devrait donner des détails sur une enveloppe d'aide d'un milliard d'euros à l'Ukraine. Londres a de son côté qualifié le scrutin de «farce», suivie par Paris qui a raillé un scrutin «sous la menace des forces d'occupation russes».

A Washington. Le président américain Barack Obama a fait écho aux Européens en évoquant d'éventuelles sanctions supplémentaires contre Moscou, et en avertissant son homologue russe Vladimir Poutine que les Etats-Unis et leur alliés ne reconnaîtraient «jamais» le référendum sur la Crimée. Le vice-président américain Joe Biden amorce ce lundi un voyage de trois jours en Pologne et en Lituanie pour des consultations sur l'Ukraine.

Dans le reste du monde. Le Japon a appelé lundi la Russie à ne pas annexer la Crimée, et le Canada a évoqué l'«illégitimité» du «soi-disant référendum».