Vol MH370: Les deux pilotes désormais au coeur de l'enquête

ENQUÊTE ingt-six pays participent désormais aux recherches, sur terre et sur mer

avec AFP

— 

Des gardes à l'entrée du complexe résidentiel où habite le pilote Zahari Ahmad Shah, le 16 mars 2014 à Shah Alam près de Kuala Lumpur
Des gardes à l'entrée du complexe résidentiel où habite le pilote Zahari Ahmad Shah, le 16 mars 2014 à Shah Alam près de Kuala Lumpur — Manan Vatsyayana AFP

Dix jours déjà. L'enquête autour du vol MH370 disparu se resserrait ce lundi autour des pilotes, la Malaisie ayant confirmé que les derniers mots provenant du cockpit avaient été prononcés après la fermeture délibérée d'un système clé de communication. Changement de cap et désactivation délibérés, poursuite du vol pendant sept heures, les informations autour de la dispartion mystérieuse ce sont accumulées. 

Derniers mots au sol pour le copilote

Le ministre malaisien des Transports Hishammuddin Hussein avait précisé la veille que les derniers mots reçus par le contrôle aérien «Eh bien bonne nuit» avaient été prononcés alors que le système de communication ACARS avait été délibérément coupé. Le copilote aurait prononcé les derniers mots reçus au sol, apprend-t-on auprès de la compagnie aérienne ce lundi. 

 Quatorze minutes après la fermeture de ce système, c'était au tour du transpondeur (qui transmet les informations sur la position de l'appareil) d'être désactivé. Puis l'avion s'est évanoui des écrans radars civils. Les données recueillies depuis lors permettent d'affirmer que l'avion a changé de cap à mi-chemin entre la Malaisie et le Vietnam, là encore de manière délibérée, et continué de voler pendant près de sept heures.

Des radars militaires malaisiens avaient détecté un signal cette nuit-là, plus tard identifié comme provenant du vol MH370.

«Il s'est passé quelque chose avec le pilote»

Aux Etats-Unis, dont plusieurs experts participent à l'enquête, le président de la commission de Sécurité intérieure à la Chambre des représentants, Michael McCaul, a estimé que les informations des derniers jours «mènent au cockpit, avec le pilote et le copilote».

«En se basant sur les informations reçues de la sécurité intérieure, du contre-terrorisme, du renseignement, il s'est passé quelque chose avec le pilote», a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision Fox News. Il a également émis l'hypothèse que l'avion ait été détourné et caché pour servir plus tard de «missile de croisière».

Les pilotes n'ont pas demandé à travailler ensemble

Les autorités malaisiennes soulignent que les antécédents de toutes les personnes à bord, soit 239, sont passés au peigne fin: pilotes, personnel de cabine, passagers, et même les mécaniciens au sol ayant travaillé sur l'avion avant son décollage de Kuala Lumpur, le 8 mars peu après minuit, à destination de Pékin.

La police a perquisitionné les domiciles des deux pilotes et examinent le simulateur de vol que le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, possédait chez lui.

Concernant le copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, il aurait invité une jeune passagère dans le cockpit lors d'un vol reliant la Thaïlande à Kuala Lumpur en 2011, a raconté cette dernière à la télévision australienne. Or il est formellement interdit d'inviter un passager dans la cabine de pilotage, depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Le gouvernement malaisien a souligné dimanche que les deux pilotes n'avaient pas demandé à travailler ensemble sur ce vol.

 Plus de 25 pays pour les recherches

Vingt-six pays participent désormais aux recherches, sur terre et sur mer, et via échanges de données radars et satellites. La France a envoyé trois enquêteurs spécialisés, qui apporteront l'expérience acquise lors des recherches du Rio-Paris, disparu au-dessus de l'Atlantique en mai 2009. Les boîtes noires avaient été récupérées deux ans plus tard, par plus de 3.800 mètres de profondeur.

Les territoires à examiner sont immenses et «traversent onze pays et des océans profonds et lointains», indiquait le ministre dimanche. Un signal satellitaire situe l'appareil, il y a neuf jours, le long d'un arc septentrional allant du nord de la Thaïlande à l'Asie centrale, ou le long d'un arc méridional, de l'Indonésie au sud de l'Océan indien.

Et comme il y a une possibilité pour que le vol MH 370 de la Malaysia Airlines ait pu atterrir quelque part après avoir soudainement disparu des radars, WNYC a publié une carte pour visualiser toutes les pistes qui pourraient avoir été utilisées. L'espoir fait vivre.