Les Ukrainiens de Crimée plébiscitent un rattachement à la Russie

UKRAINE Le Premier-ministre séparatiste Serguiï Axionov a immédiatement salué une décision «historique»...

Avec AFP

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Des partisans du rattachement de la Crimée à la Russie dancent de joie à Sébastopol, le 16 mars 2014
Des partisans du rattachement de la Crimée à la Russie dancent de joie à Sébastopol, le 16 mars 2014 —

Les Ukrainiens de Crimée ont plébiscité dimanche le rattachement de la péninsule à la Russie au terme d'un scrutin qui a mis en lumière le divorce profond entre Russes et Occidentaux et qui a réveillé les appétits des séparatistes de l'Est de l'Ukraine.

95% des habitants de la Crimée se sont prononcés pour le rattachement à la Russie, selon les premiers résultats officiels.

Le Premier-ministre séparatiste Serguiï Axionov a immédiatement salué une décision «historique». «Merci à tous ceux qui ont participé au référendum et ont fait leur choix. Aujourd'hui nous avons pris une décision très importante qui rentrera dans l'histoire», a déclaré Serguiï Axionov sur son compte Twitter.

Les Etats-Unis rejette le référendum

A Washington, la Maison Blanche a sans surprise immédiatement rejeté le référendum.Le référendum, présenté comme un exercice de démocratie populaire par les autorités séparatistes et par Moscou, se déroulait en présence de milliers de soldats russes qui contrôlent la région depuis deux semaines aux côtés de milices séparatistes. A Sébastopol, bien avant ce sondage, le drapeau tricolore de la Russie flottait déjà dans le ciel du port d'attache historique de la flotte russe de la mer Noire en Crimée.

«La Russie respectera le choix des habitants de la Crimée», a assuré le président Vladimir Poutine à la chancelière allemande Angela Merkel, tout en réaffirmant que le référendum respectait totalement le droit international.

L'Union européenne pour sa part a prévenu qu'elle mettrait ses menaces à exécution dès lundi en établissant une liste noire de responsables russes et ukrainiens pro-russes visés par des sanctions. Bien loin de la crise diplomatique qui se joue entre Russes et Occidentaux, à Sébastopol les électeurs ont afflué massivement aux urnes dès le petit matin

Une nouvelle ère commence

«C'est un moment historique, tout le monde sera heureux», a lancé à la presse le Premier-ministre pro-russe de la Crimée, Serguiï Axionov, après avoir voté à Simféropol. «C'est une nouvelle ère qui commence», a-t-il affirmé, pendant qu'un homme agitant un drapeau ukrainien était repoussé par les gardes.

Alors que des troupes russes et des milices pro-russes sont déployées en Crimée, les 1,5 million d'électeurs de cette république autonome étaient invités à choisir entre l'intégration à la Russie et une autonomie élargie au sein de l'Ukraine.

Dans une péninsule majoritairement peuplée d'Ukrainiens d'origine russe, rattachée il y a soixante ans sur décision de Nikita Khrouchtchev à une Ukraine qui a toujours semblé lointaine à de nombreux habitants, une écrasante majorité s'est prononcée, selon un sondage, en faveur d'une union formelle avec la Fédération de Russie. La question posée donnait aux électeurs le choix entre «la réunification avec la Russie comme membre de la Fédération de Russie» ou le retour à un statut, datant de 1992 et jamais appliqué, d'autonomie élargie vis-à-vis de Kiev.