Crise ukrainienne: Moscou menace d'intervenir dans l'est de l'Ukraine

MONDE Au moment où l'Occident promet d'imposer des sanctions après le référendum prévu dimanche sur un rattachement de la Crimée à la Russie...

avec AFP

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Des manifestants pro-russes dans une rue de Donetsk, bastion russophone de l'est de l'Ukraine, le 8 mars 2014
Des manifestants pro-russes dans une rue de Donetsk, bastion russophone de l'est de l'Ukraine, le 8 mars 2014 — Alexander Khudoteply AFP

Moscou a fait monter les enchères vendredi en brandissant la menace d'une intervention militaire dans l'est russophone de l'Ukraine, au moment où l'Occident promet d'imposer des sanctions après le référendum prévu dimanche sur un rattachement de la Crimée à la Russie. « Les autorités de Kiev ne contrôlent pas la situation dans le pays (...) La Russie a conscience de sa responsabilité pour la vie de ses concitoyens et compatriotes en Ukraine et se réserve le droit de les protéger », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, au lendemain de heurts violents survenus la nuit précédente à Donetsk (est de l'Ukraine).

« Le 13 mars à Donetsk, des événements tragiques se sont produits, le sang a coulé », souligne le ministère dans son bref communiqué. Un partisan de l'unité de l'Ukraine a été tué jeudi par des manifestants pro-russes, premier mort de la crise ukrainienne depuis la prise de contrôle de la Crimée par les forces russes, ont indiqué à l'AFP des responsables régionaux. Seize autres personnes ont été blessées.

Une intervention au nom de la protection des russophones

Un millier de partisans de Kiev s'était rassemblés à Donetsk. Mais deux fois plus d'Ukrainiens prônant le rapprochement avec Moscou sont apparus. Des heurts violents ont alors commencé. Ces tensions interviennent alors que la Russie contrôle depuis fin février la péninsule ukrainienne de Crimée, sur la mer Noire. Vladimir Poutine a obtenu du Sénat russe l'autorisation d'utiliser ses troupes en Ukraine pour intervenir au nom de la protection des russophones. De nombreux Ukrainiens craignent que la Russie intervienne maintenant dans l'est du pays, alors que l'armée russe manoeuvre aux portes de l'Ukraine.

« Pourquoi ces déclarations aujourd'hui ? Quand le sang coule, c'est toujours très dangereux », estime au sujet de la déclaration du ministère russe, Alexandre Konovalov, président de l'Institut d'analyses stratégiques. « Ces paroles ne sont peut-être pas prononcées pour que le sang cesse de couler mais pour attiser les braises. Je n'exclus pas qu'elles soient destinées à la rencontre Kerry-Lavrov, pour montrer que si on ne nous écoute pas, nous pouvons aller plus loin », ajoute-t-il.