Vol MH370: la Malaisie se défend de toute «confusion», les recherches étendues

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Le ministre de la Défense et des Transports malaisien Hishammuddin Hussein (g) et le chef de l'aviation civile Azharuddin Abdul Rahman (d) lors d'une conférence de presse à Kuala Lumpur le 12 mars 2014
Le ministre de la Défense et des Transports malaisien Hishammuddin Hussein (g) et le chef de l'aviation civile Azharuddin Abdul Rahman (d) lors d'une conférence de presse à Kuala Lumpur le 12 mars 2014 — Manan Vatsyayana AFP

La Malaisie s'est défendue mercredi des accusations d'informations confuses et contradictoires autour de la disparition mystérieuse samedi du Boeing 777 de Malaysia Airlines, qui n'a toujours pas été localisé malgré l'extension de recherches «sans précédent».

Entrées dans leur cinquième jour, les opérations de recherche ont été élargies à la mer Andaman, sur la côte ouest de la Malaisie, loin de la trajectoire qu'était censée emprunter le vol MH370 assurant la liaison Kuala Lumpur-Pékin avec 239 personnes à son bord. Mercredi, les analystes se perdent en conjectures sur le sort de l'avion disparu.

Alors qu'elles se déroulaient principalement dans un rayon de près de 200 km autour du lieu où le contrôle aérien a perdu le contact avec l'appareil entre la côte orientale de la Malaisie et le sud du Vietnam, ces recherches s'effectuent également désormais à des centaines de kilomètres de là, vers l'ouest.

Elles couvrent désormais une superficie totale de plus de 90.000 km2, équivalant au territoire du Portugal. Douze nations, dont les Etats-Unis, la Chine et la Japon participent aux opérations qui mobilisent pas moins de 42 navires et 39 avions.

«Nous ne laissons rien au hasard. Nous devons explorer toutes les possibilités», a justifié le chef de l'aviation civile malaisienne, Azharuddin Abdul Rahman, tandis que que le ministre des Transports Hishammuddin Hussein évoquait des opérations «sans précédent».

La mer Andaman est bordée au sud par la pointe nord de l'île indonésienne de Sumatra, à l'est et au nord par la Thaïlande et la Birmanie.

Pressée de s'expliquer, l'armée de l'air malaisienne -- qui avait la première évoqué un virage ou un demi-tour juste avant que le contrôle aérien ne perde le contact avec l'avion -- a assuré ne pas avoir changé d'avis.

- «Eh bien bonne nuit» -

L'armée «n'a pas exclu la possibilité d'un demi-tour en vol», a affirmé le général Rodzali Daud dans un communiqué. «C'est ce qui explique que les opérations de recherche et de sauvetage aient été étendues» aux eaux côtières à l'ouest de la péninsule malaisienne, a-t-il ajouté.

Il a néanmoins démenti les informations d'un média malaisien affirmant mardi, en le citant, qu'un radar avait détecté l'appareil au-dessus du détroit de Malacca entre la péninsule malaisienne, sur sa côte ouest, et l'île indonésienne de Sumatra.

«Nous vérifions. Nous ne disons pas que c'est le vol MH370. C'est un point non identifié», a-t-il dit.

L'armée de l'air malaisienne n'a pas présenté publiquement les analyses radars qu'elle invoque pour soutenir l'hypothèse d'un demi-tour impromptu de l'appareil.

Selon l'aviation civile malaisienne, le dernier message radio transmis au contrôle aérien a été «Eh bien, bonne nuit». Ces mots ont été prononcés par l'un des pilotes au moment où le Boeing quittait l'espace aérien malaisien pour entrer dans l'espace aérien vietnamien.

Les recherches infructueuses et la communication qui apparaît parfois confuse des autorités malaisiennes alimentent les critiques de plus en plus vives dans la presse du pays, sur les réseaux sociaux, et de la Chine, qui avait 153 ressortissants à bord.

 

 - Une communication «chaotique» -

 

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a ainsi déploré un flux d'informations «assez chaotiques», deux jours après avoir déjà réclamé à Kuala Lumpur d'intensifier ses opérations.

«Il n'y a de confusion que si vous voulez y voir de la confusion», a répondu Hishammuddin Hussein, rejetant ainsi les critiques d'experts ayant pointé du doigt une «incompétence» des autorités.

«Nous ne perdrons jamais l'espoir» d'établir ce qu'il est advenu du Boeing, a-t-il promis.

L'hypothèse d'un changement brutal de cap et la confusion autour de l'endroit supposé ou possible de la disparition de l'appareil ont par ailleurs poussé le Vietnam à suspendre mercredi en partie ses recherches en mer de Chine méridionale.

Mais après que les autorités malaisiennes ont nié les informations sur une possible détection radar dans le détroit de Malacca, le Vietnam a «décidé d'envoyer deux appareils et neuf bateaux de recherche», a indiqué le chef d'Etat major adjoint de l'armée Vo Van Tuan à l'AFP.

Quant aux passagers munis de faux passeports dont la présence à bord avait provoqué des spéculations d'attaque du vol MH370, ils ont été identifiés et n'ont pas de lien connu avec des groupes terroristes, selon Interpol.

Les deux hommes identifiés comme des ressortissants iraniens, ayant embarqué avec des passeports italien et autrichien volés, cherchaient vraisemblablement à émigrer en Europe. Il s'agit plus probablement «d'un trafic d'êtres humains», selon Ronald K. Noble, secrétaire général de l'organisation.

Le patron de la CIA, John Brennan, s'est montré moins catégorique, indiquant qu'il «n'écarterai(t) pas» la piste terroriste.

Le Boeing 777-200 transportait 239 personnes, dont 153 Chinois, 38 Malaisiens, sept Indonésiens, six Australiens, quatre Français, trois Américains et deux Canadiens, ainsi que des Russes et des Ukrainiens.

Si l'avion s'est abîmé en mer, il pourrait s'agir de la catastrophe aérienne la plus meurtrière d'un avion de ligne depuis 2001, date de l'accident d'un Airbus A300 d'American Airlines qui avait fait 265 morts aux Etats-Unis.