Tout sur le terrorisme islamiste: la leçon du FBI à Hollywood

Sandrine Cochard

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Pouvez-vous évoquer nos efforts contre le terrorisme avec un peu plus de réalisme, «please»? C’est la question que le FBI pose sans rire aux scénaristes des studios américains. Et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, le bureau fédéral américain les a invités à un séminaire sur le crime qu’il a organisé mercredi.
 
Soucis de réalisme
 
Au menu: l’histoire de l’islam, depuis le schisme entre sunnites et chiites en 682. A l’aide d’agents spécialistes sur la question, qui intervenaient sous couvert d’anonymat, le séminaire a abordé les drapeaux et les signes distinctifs des différents groupes extrémistes, diffusé des vidéos des camps d’entraînement d’Al-Qaida et exposé des photos de l’attentat suicide ayant visé l’USS Cole en 2000… Une explosion de détails supposés aider les scénaristes à coller à la réalité et à rendre leur fiction plus plausible. Et réaffirmer que les agents du FBI sont indéniablement les «good guys» de la lutte contre le terrorisme.
 
Image du bureau

 
Elément récurrent des films hollywoodiens, surtout depuis les attentats du World Trade Center, le FBI a contribué à 649 projets ces dernières années, livres, films ou séries télé. Un souci de réalisme doublé d’un contrôle de l’image par le bureau fédéral. Ainsi, en 1965, Edgar J. Hoover a visionné attentivement le film de Disney «L’espion aux pattes de velours» («That darn cat !») car il mettait en scène un agent allergique aux trousses… d’un chat. Le patron historique du FBI voulait s’assurer que le film ne ternissait pas l’image du bureau.
 
Après le 11 Septembre, le Pentagone et la CIA avaient également conseillé Hollywood. Et les séries mettant le travail des agents à l’honneur avaient fleuri, des succès «FBI: portés disparus», «24 heures» et «Alias» à la série familiale «Sue Thomas, l'oeil du FBI», en passant par «FBI: Opérations secrètes» (passée la trappe depuis). De quoi assurer la reconversion de plusieurs agents.