Malgré ses «fautes», George Bush repart en guerre

Sandrine Cochard

— 

George W. Bush s'est engagé mercredi à contrer tout soutien venu d'Iran et de Syrie aux insurgés irakiens et a annoncé le déploiement dans la région de missiles anti-missiles pour défendre "les alliés" de Washington et soutenir la stabilité de tout le Moyen-Orient.
George W. Bush s'est engagé mercredi à contrer tout soutien venu d'Iran et de Syrie aux insurgés irakiens et a annoncé le déploiement dans la région de missiles anti-missiles pour défendre "les alliés" de Washington et soutenir la stabilité de tout le Moyen-Orient. — Mandel NGan AFP/Archives

Une décision risquée et des fautes assumées et toujours le même credo sur la menace terroriste. Le nouveau plan de bataille en Irak, détaillé par George Bush mercredi soir, est accueilli avec tiédeur, tant par l'opposition démocrate majoritaire au Congrès que par la presse américaine. Qui évite de se prononcer sur la pertinence du projet d’envoyer 21.500 militaires supplémentaires en Irak, en sus des 132.000 militaires actuellement déployés, préférant souligner le mea culpa du président.

Au moment où les Etats-Unis ont perdu plus de 3000 soldats en Irak, le très conservateur quotidien Washington Times présente ainsi un président américain qui a reconnu et assumé de nombreuses erreurs, notamment celle «d’avoir échoué à renforcer les troupes l’année dernière». «Des fautes ont été commises et j’en assume la responsabilité. La situation en Irak est inacceptable pour les Américains, elle l’est également pour moi.»

Idem pour le Wall Street Journal. Après les fautes assumées, le président américain est passé par son credo favori : la menace terroriste. «Bush a décrit les conséquences pour les Etats-Unis d’un échec en Irak : multiplication des islamistes extrémistes au Proche-Orient et terreur partout dans le monde,» rapporte USA Today.
Le président Bush n’a en effet pas bougé d’un iota son discours, affirmant que seul l’envoi de renforts pourrait stabiliser le pays et former un gouvernement autonome, condition sine qua non pour lever le camp.

Une position risquée et impopulaire qui rappelle au New York Times celle d’un autre président américain. «Depuis Richard Nixon, et son ordre aux troupes américaines basées au Vietnam d’envahir le Cambodge en 1970, aucun président n’avait pris un tel risque avec une guerre de plus en plus impopulaire.» Avec, pour Nixon, une retraite anticipée à la clé.
Devant cette retenue de la presse, la critique émance d'un blog, Foreign Policy:
«Nous sommes supposés croire que 140.000 soldats américains et Marines ne peuvent pas sécuriser la zone de Bagdad (qui concentre 80% des violences sectaires selon Bush), mais que 21.500 soldats de plus le pourront.» Une nouvelle erreur d'appréciation du président américain?