Ukraine: nouveau dialogue de sourds au Conseil de sécurité de l'ONU

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L'ambassadeur britannique aux Nations unies, Mark Lyall Grant, au siège de l'ONU à New York, le 10 mars 2014
L'ambassadeur britannique aux Nations unies, Mark Lyall Grant, au siège de l'ONU à New York, le 10 mars 2014 — Emmanuel Dunand AFP

Les membres occidentaux du Conseil de sécurité ont cherché lundi à accroître la pression sur la Russie à l'approche du référendum de dimanche en Crimée mais Moscou est resté inflexible, ont indiqué des diplomates.

Les 15 membres du Conseil ont tenu lundi après-midi à New York leur cinquième réunion à huis clos sur la crise ukrainienne depuis dix jours.

«La situation s'aggrave de jour en jour (..) il y a un sentiment d'urgence», a déclaré à la presse l'ambassadeur français Gérard Araud à l'issue d'une réunion qui a duré deux heures à peine.

Le référendum de dimanche a été convoqué par le parlement pro-russe de Crimée pour décider d'un rattachement de la péninsule à la Russie. Il est jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

«Si la Crimée devait être annexée par la Russie cela serait très dangereux», a averti M. Araud. «Cette réunion était un appel à la Russie à ne pas aller dans cette direction et à entamer une négociation».

«Nous voulons éviter ce scénario du pire», a-t-il ajouté. Mais malgré la pression occidentale, «les Russes ne montrent aucun signe qu'il sont prêts à nous écouter».

Lors de la réunion, a-t-il indiqué, l'ambassadeur russe Vitali Tchourine a répété que Moscou «assumerait sa responsabilité historique» envers la Crimée.

Cette réunion informelle avait été demandée par l'Ukraine, dont le représentant à l'ONU Iouri Sergueyev a assisté aux discussions.

Selon l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant, M. Sergueyev a répété que le référendum est illégal et «la plupart des pays membres du Conseil» ont acquiescé.

«Il ne peut pas y avoir de référendum équitable et libre quand la Crimée est occupée par les troupes russes», a affirmé Mark Lyall Grant. Jugeant que la situation «s'est dégradée dangereusement», il a souhaité «une désescalade et des observateurs internationaux».

Mais interrogé sur la position russe, il a reconnu que celle-ci «ne s'est pas assouplie», ajoutant cependant: «il y a une pression accrue et un isolement croissant de la Russie».

Le Conseil de sécurité n'a pour l'instant pas réussi à adopter une position commune sur la crise ukrainienne. Moscou, membre permanent du Conseil, dispose d'un droit de veto et à ce titre peut bloquer toute prise de position de cette instance.