VIDEO. François, le pape superstar

RELIGION Son style atypique, fait de simplicité et de proximité avec les foules, vaut au souverain pontife une attention médiatique retentissante et une popularité inouïe...

Bérénice Dubuc
— 
Auréolée ces derniers mois de la popularité du pape François, l'Église catholique s'est retrouvée jeudi sur la défensive face aux vives critiques de l'ONU l'accusant de protéger les prêtres pédophiles.
Auréolée ces derniers mois de la popularité du pape François, l'Église catholique s'est retrouvée jeudi sur la défensive face aux vives critiques de l'ONU l'accusant de protéger les prêtres pédophiles. — Vincenzo Pinto AFP

Un pape qui détonne. Depuis un an et son arrivée sur le siège de Saint Pierre, le pape François affiche un style beaucoup moins conventionnel que ses prédécesseurs, qui lui vaut une popularité inouïe.

Cette rupture de style s’est remarquée dès les premières heures qui ont suivi son élection: spontanéité dans la parole -on se souvient de son «Priez pour moi, bonne nuit et à bientôt!» au soir de son élection ou encore de ses traits d’humour à destination des cardinaux-, mais aussi dans les gestes: il mène un train de vie modeste -il vit à la Maison Sainte-Marthe parmi les autres membres du clergé, refuse de porter les traditionnels souliers rouges, a choisi un anneau du pêcheur en argent…-, n’hésite pas à dérouter son service de sécurité pour aller à la rencontre de la foule, des pauvres ou des malades, ou encore à apparaître en toute simplicité sur un «selfie» au côté d’un groupe de jeunes.

Popularité inouïe

Ce souverain pontife atypique utilise en effet le même langage que ses ouailles: son compte Twitter – disponible en neuf langues, dont le latin- a passé la barre des dix millions d’abonnés en octobre dernier. Un style peu conventionnel qui lui vaut une popularité inouïe, auprès des catholiques mais aussi des non croyants. Le magazine américain Time l’a ainsi élu «homme de l’année 2013» pour avoir entre autres «tiré la papauté hors de son palais afin de l’emmener dans la rue», il est apparu en couverture de Rolling Stone fin janvier, et il a même une œuvre de rue à son effigie à Rome.

François est «le pape le plus populaire de l’histoire, plus que Jean XXIII ou Jean-Paul II», selon l’historien des religions Odon Vallet. En effet, en France, 85 % des personnes interrogées ont une «bonne opinion» de lui, qu’ils soient croyants ou athées, jeunes ou moins jeunes (les 18-34 ans sont 75 % à avoir une bonne opinion de lui). Et cette popularité a un impact positif sur les ventes: les ouvrages publiés par ou sur le pape François arrivent ainsi en tête des meilleures ventes 2013 du marché du livre religieux, et les produits dérivés (tasses, t-shirts, calendriers…) à son effigie s’arrachent. Tant et si bien que certains ont décidé d’investir sur le créneau. Le groupe Mondadori a ainsi lancé le 5 mars le magazine Il mio Papa (Mon pape), présenté comme le «premier hebdomadaire au monde sur le pape François».

Pourtant, François refuse «l’idéalisation» de sa personne. Dans une interview récente à un quotidien italien, il a ainsi indiqué: «Dépeindre le pape comme une sorte de superman, une espèce de star, m’offense. Le pape est un homme qui rit, qui pleure, qui dort tranquillement et qui a des amis. Une personne normale.» En toute simplicité.