Japon: A Rikuzentakata, le pin miraculé domine une ville en chantier

JAPON Un arbre de 27 mètres de haut a résisté au tsunami qui a ravagé une grande partie de la ville…

Mathias Cena

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 	Le «pin miraculé» de Rikuzentakata, qui a résisté au tsunami même si l’eau de mer a fini par le tuer, est devenu symbole d’espoir. Il a été restauré et domine aujourd’hui l’immense chantier de la ville en reconstruction. Lancer le diaporama
Le «pin miraculé» de Rikuzentakata, qui a résisté au tsunami même si l’eau de mer a fini par le tuer, est devenu symbole d’espoir. Il a été restauré et domine aujourd’hui l’immense chantier de la ville en reconstruction. — Mathias Cena/20 Minutes

De notre envoyé spécial à Rikuzentakata

Juste avant le coucher du soleil, un groupe d’ouvriers vient se faire prendre en photo devant le tronc d’un pin isolé. 27 mètres plus haut, de fausses branches contemplent la scène. Le 11 mars 2011, le «pin miraculé» de Rikuzentakata est le seul à être resté debout après le passage du tsunami, parmi une forêt de 70.000 arbres sur le front de mer. Il a été partiellement abrité par le bâtiment qui se dressait entre lui et la vague, une auberge de jeunesse dont les ruines sont toujours là.

Mais trois mois après, la municipalité s’est aperçue que ce pin de 170 ans, devenu symbole d’espoir et de reconstruction pour toute la région, avait succombé à l’eau de mer qui inondait ses racines. La décision a alors été prise de le restaurer, pour un coût de 150 millions de yens (environ un million d’euros). Devant les critiques déchaînées par ce «gaspillage» d’argent de la reconstruction, il a été décidé d’ouvrir une souscription à part pour récolter les fonds.

Du sable blanc à la terre du chantier

Le pin a donc été abattu en 2012, découpé en neuf tronçons, rempli de carbone puis replacé là l’été dernier dans un décor radicalement différent. Alors qu’il dominait autre fois une plage de sable blanc envahie par les touristes, le pin miraculé se dresse aujourd’hui au milieu d’un immense chantier à ciel ouvert. La ville de Rikuzentakata tout entière est en reconstruction, elle qui a perdu 2000 habitants sur une population de 24.000 le jour du tsunami, qui a anéanti 3.400 habitations. A quelques mètres de l’arbre, un gigantesque convoyeur à bande sert à évacuer la terre des travaux d’aplanissement du sommet d’une colline, où seront construits des logements. Aujourd’hui, 5.000 habitants de la ville vivent toujours dans des logements provisoires.