Golfe (1/3) Reportages sur le déploiement de l’armée américaine dans la région

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Au port de Shuwaikh, les cargos du Military Sealift Command débarquent chaque jour des milliers de véhicules de combat, en un flot ininterrompu. De leur côté, les troupes arrivent par avions sur les bases militaires Al Salem et Al Jaber, de même que sur l’aéroport civil. Mais la ville de Koweït, encore fraîche en cette fin d’hiver, n’en a cure. Les Koweïtiens vaquent à leurs occupations habituelles, et, ce jeudi soir, font hurler les moteurs de leurs voitures de sport sur le boulevard longeant la mer. L’événement, c’est l’ouverture du Virgin Megastore, pas la guerre à venir... Les Américains, invisibles, se dirigent dès leur débarquement vers la frontière irakienne, dans le désert. Aujourd’hui, les trois quarts de ce petit pays sont classés en zone militaire interdite, et ce sont des soldats américains qui empêchent le passage. Derrière les dunes, ils ont bâti des villes de toile – dont les tentes sont climatisées ! – qui accueillent près de 70 000 soldats. Au menu de leurs journées : une série d’entraînements. Parler avec ces hommes exige de passer par le service de communication, qui refuse tout contact hors de la présence d’un officier de presse. On peut donc considérer comme un exploit d’avoir obtenu du conducteur d’une jeep Humvee, à l’entrée du camp Doha, cette confidence essentielle : il s’appelle Mike et « attend les ordres ». Ces jours-ci, la montée en puissance de l’US Army au Koweït atteint son sommet. Les avions sont tous là, par centaines. Les troupes, elles, arriveront encore durant deux ou trois semaines. Fin mars, la guerre pourra commencer... Si George Bush, seul maître à bord aux yeux des soldats, en décide ainsi. A Koweït, Roger Jolly