Quand les avions disparaissent des radars en plein vol

William Molinié

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Un avion de la compagnie Malaysia Airlines. Illustration.
Un avion de la compagnie Malaysia Airlines. Illustration. —

Si la catastrophe aérienne du Boeing de Malaysia Airlines samedi entre Kuala Lumpur et Pékin avec 239 personnes à bord était confirmée, elle serait la plus meurtrière depuis l’accident d’un Airbus A-300 en 2001 qui s’est écrasé sur le quartier du Queens à New York, faisant 265 morts dont cinq personnes au sol.

Les autorités malaisiennes ont envisagé la piste terroriste en raison de deux mystérieux passagers qui auraient utilisé des passeports volés pour monter dans l’avion. Ce dernier a disparu des radars depuis samedi vers 1h30 (18h30 à Paris vendredi), soit environ une heure après son décollage. Le contact avec le contrôle aérien semble avoir été perdu quelque part entre l'est de la Malaisie et le sud du Vietnam. Aucun signal de détresse n’a été envoyé.

Le Rio-Paris disparaît des écrans

Ce n’est pas la première fois qu’un avion disparait des écrans radars en plein vol. Le 1er juin 2009, c’est un Airbus A330 d’Air France qui s’est s’abîmé en mer entre la France et le Brésil. A 1h35, les organismes de contrôle n’ont plus eu de contact avec le Rio-Paris. Il s’écrase en plein Atlantique 40 minutes plus tard.

En l’absence d’informations fiables dans les premières heures du drame, les thèses du foudroiement, de l’attentat terroriste ou du détournement d’avion sont brièvement évoquées dans les médias. Avant d’être abandonnées lorsque les autorités récupèrent des messages de détresse. Les débris ne seront retrouvés que deux ans plus tard. Des explications d’erreurs humaines sont mises en avant.

Le TWA 800 explose en vol

Autre avion qui s’est dérobé en plein ciel, celui du vol TWA 800 en 1996 entre New York et Rome, via Paris Charles de Gaulle. Vingt minutes après son décollage, l’avion a explosé au large de Long Island. Les 230 personnes à bord n’ont pas survécu. Là encore, l’hypothèse d’un acte terroriste a germé, alors que devait débuter aux Etats-Unis les Jeux olympiques d’Atlanta. D’ailleurs, le FBI est intervenu.

Toujours aujourd’hui, des théories impliquant des actes terroristes sont défendues. A l’inverse, les quatre ans d’enquête ont conclu à l’explosion accidentelle du réservoir central d’essence.

Le DC-3 jamais retrouvé

Autre disparition mystérieuse, beaucoup plus ancienne, celle le 28 décembre 1948, du DC-3 de la compagnie Airborne Transport. Les 32 passagers et membres de l’équipage n’ont pas été retrouvés. A priori, l’avion aurait disparu à 80 km au sud de Miami. Pourtant, les enquêteurs ont noté que la météo était bonne et la visibilité correcte. L’hypothèse la plus probable serait qu’un changement de vent, méconnu par les pilotes, aurait fait dévier l’avion de son objectif initial.

L’épave n’ayant pas été retrouvée, le bureau d’enquête américain a conclut qu’il n’y avait pas eu assez d’informations pour expliquer les circonstances de la disparition du DC-3.

Importance des boîtes noires

C’est à la découverte des débris que les catastrophes aériennes trouvent leurs premières explications. Puis surtout lorsque les boîtes noires qui enregistrent les moindre détails du vol, sont récupérées et exploitées.

Des débris flottants auraient d’ailleurs été localisés en mer de Chine méridionale par un navire singapourien, selon des médias vietnamiens. Une information démentie par les autorités malaisiennes. Par ailleurs, des traces de carburant de 15 kilomètres de long ont aussi été détectés par l’armée vietnamienne. Les recherches se poursuivent pour localiser le Boeing de Malaysia Airlines.

L’accident le plus meurtrier de l’aviation civile reste la collision entre deux Boeing 747 sur l’aéroport de Tenerife aux Canaries en mars 1977, faisant 583 morts.