La crise pétrolière Moscou-Minsk a crispé l'UE

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Tout est bien qui finit bien, ou presque. La Russie et la Biélorussie ont fini par trouver un « compromis » sur la crise pétrolière survenue dimanche dernier, et dont l'Europe occidentale a fait les frais. Le scénario ressemble trait pour trait à la crise du gaz survenue il y a un an entre l'Ukraine et la Russie.

Cette fois, après un désaccord tarifaire avec Minsk, Moscou a décidé dimanche, sans consulter qui que ce soit, de fermer l'oléoduc Droujba, qui assure l'approvisionnement en pétrole de plusieurs pays européens. L'Allemagne, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie se sont ainsi retrouvées partiellement privées de brut russe du jour au lendemain. Une décision « inacceptable », selon la chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays assure la présidence de l'UE. Selon elle, l'incident prouve le manque de fiabilité de la Russie, dont l'Europe dépend à 20 % pour son pétrole et à 25 % pour son gaz. Pour Gérard Wild, chercheur au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepi), cette crise révèle la volonté de la Russie de montrer sa puissance, de faire « une mise au point avec ses ex-républiques soviétiques et de trouver la bonne distance en les traitant presque comme des pays étrangers ». Au risque de se mettre l'UE à dos quelque temps.

F. Vincent

L'UE préconise l'investissement dans les énergies renouvelables, dont la part serait portée à 20 % d'ici à 2020, contre 7 % actuellement.