Escape Game: Enfermé dans une pièce avec des amis, sauver le monde en une heure

avec AFP

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Illustration d'une vieille machine à écrire.
Illustration d'une vieille machine à écrire. — JAUBERT/SIPA

En pleine guerre froide, un agent secret s'apprête à activer les codes d'un missile nucléaire. Une équipe de cinq joueurs a une heure pour empêcher la fin du monde en déjouant des énigmes.

Venue d'Asie et inspirée des jeux vidéos, l'attraction des «escape game» pour amateurs de sensations fortes et de poussées d'adrénaline s'est implantée récemment à Novi Sad, à 75 km au nord de Belgrade, mais aussi dans de nombreuses villes européennes.

A Londres, Paris comme à Novi Sad, le succès est tel que le jeu, baptisé «Room Escape», ClueQuest ou HintHunt, est classé parmi les trois premières activités plébiscitées par les internautes sur le site Trip Advisor, avant les musées, les comédies musicales ou la Tour Eiffel.

Activité plébiscitée par les internautes sur le site Trip Advisor

L'équipe de trois à cinq joueurs a un seul indice: un message codé laissé sur une machine à écrire par un agent secret. Enfermés dans une pièce, les détectives disposent de 60 minutes pour résoudre une série d'énigmes et retrouver la liberté, une aventure unique où rapidité, logique et esprit d'équipe sont primordiaux.

L'attraction est inspirée d'un «jeu vidéo, populaire dans les années 1980 et qui consistait à s'échapper d'une pièce à l'aide d'indices servant à trouver la solution, qui était la clé pour s'échapper de la pièce», a déclaré à l'AFP Boban Melkus, 36 ans, directeur de la compagnie «Room Escape» de Novi Sad.

Pendant que l'horloge électronique aux chiffres rouge vif poursuit inlassablement son compte à rebours, les joueurs s'attèlent à réunir les indices pour les analyser et tenter de trouver la solution. La pièce est toute dans le style des années 1970 pour évoquer la Guerre froide. Sur une table en bois, une vieille lampe, une machine à écrire et quatre téléphones à cadran «reliés» à Berlin, Madrid, Athènes et Novi Sad.

Les murs sont couverts de cartes militaires et de vieilles photos, de portraits des leaders américain et soviétique de l'époque.

Un succès dès le début

Boban Melkus, un professeur d'anglais de lycée, et son épouse Nina ont lancé le jeu en décembre dernier dans un appartement loué. L'affaire a immédiatement rencontré le succès, presque sans aucune publicité, à l'exception d'une page sur Facebook informant les clients potentiels de l'existence de la compagnie.

Pour le prix de 4.000 dinars (35 euros) une équipe de joueurs peut tenter sa chance. «Nous avons deux chambres: les joueurs peuvent sauver le monde d'une catastrophe nucléaire ou braquer une banque», explique Melkus.

Les clients insatisfaits peuvent se voir restituer leur argent. Les joueurs sont âgés de 15 à 60 ans, mais la plupart sont des gens âgés de 30 à 40 ans qui se rappellent avoir joué à des jeux similaires sur leurs ordinateurs et ont les moyens de payer le billet, dit-elle.

Un jeu devenu une attraction touristique

Le jeu vidéo a été adapté à la vie réelle d'abord en Asie avant d'arriver en Europe, d'abord en Hongrie, explique Melkus. Lui-même l'a découvert à Budapest, où 43 compagnies l'organisent dans une centaine de pièces.

«C'est devenu une attraction touristique dans beaucoup de capitales européennes», fait-il valoir.