Des chaises qui tournent, des têtes qui font parler

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La reine portera une moustache et le roi aura l'oeil goguenard: sur le thème de la "duperie", le carnaval de Nice fait défiler à partir de samedi ses chars imaginés par des dessinateurs de presse internationaux qui ont pour consigne de "provoquer sans agresser".
La reine portera une moustache et le roi aura l'oeil goguenard: sur le thème de la "duperie", le carnaval de Nice fait défiler à partir de samedi ses chars imaginés par des dessinateurs de presse internationaux qui ont pour consigne de "provoquer sans agresser". — Valery Hache AFP/Archives

Qu’ont en commun Michel Boyon, ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée, Maurice Gourdault-Montagne et Frédéric Salat-Baroux ? Outre le fait d’être des proches de Jacques Chirac, ils sont donnés partant pour des places au chaud, dans la haute administration, dans le secteur public, voire le privé. Notamment à la présidence du CSA et celle de la Caisse des dépôts.

Selon vous, quel système devrait être utiliser pour assurer ces nominations stratégiques ?

Ces nominations seront faites «à l'échéance des différents mandats» et dans «l'intérêt du service public», a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé en tentant de faire baisser la levée de boucliers unanime de presque tous les partis politiques français qui appellent, là encore unanimes, à un changement dans la façon dont sont attribués les postes. La présidence du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sera vacante fin janvier, celle du Conseil constitutionnel en février, un poste est vacant à la Caisse des dépots après le décès d'un de ses membres en décembre.

«Il n'y a aucune urgence» pour ces nominations, avait souligné mardi
Julien Dray lors du point de presse hebdomadaire du PS. Il a rappelé que le PS défendait l'idée «d'une modernisation et d'un changement profond de ces modes de désignation», avec «contrôle parlementaire» et «transparence». «C'est un problème de méthode, pas d'individus». Si le président nomme des personnes à ces postes, les socialistes au pouvoir «reviendront sur toutes ces nominations politiques». «A bon entendeur salut, ceux qui sont nommés risquent d'avoir un contrat très précaire».

Le PCF plaide pour une «démocratisation des institutions» avec un Conseil constitutionnel qui soit «réellement l'émanation du Parlement», explique à l'AFP le porte-parole Olivier Dartigolles. Dénonçant «un système hérité de l'époque monarchique», Yann Wehrling (Verts) défend au lieu des nominations, une élection par les pairs, pour garantir «l'indépendance par rapport au pouvoir politique».
François Bayrou (UDF) s'est engagé à rendre la République «impartiale», en recourant notamment à des «auditions publiques» avant certaines nominations.

Le futur candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, propose également des auditions parlementaires, pour les «membres du Conseil constitutionnel, les membres des autorités administratives indépendantes, le médiateur et les présidents des entreprises publiques». Des commissions parlementaires «pourraient s’opposer à la nomination envisagée, à une majorité qualifiée», selon le ministre de l’Intérieur. Le Front national veut une «réforme profonde» du Conseil constitutionnel et du CSA. «Le Conseil constitutionnel devrait être transformé en organe juridictionnel et non plus politique», suggère Louis Aliot, secrétaire général du FN. Les membres du Conseil pourraient ainsi devenir des «juges constitutionnels» indépendants et cooptés.

Selon vous, quel système devrait être utiliser pour assurer ces nominations stratégiques ?