Les Iraniens et les Syriens dans le collimateur de Bush

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George W. Bush va envoyer 21.500 militaires américains supplémentaires en Irak, dans le cadre d'une nouvelle stratégie qu'il devait présenter mercredi soir aux Etats-Unis, selon des responsables.
George W. Bush va envoyer 21.500 militaires américains supplémentaires en Irak, dans le cadre d'une nouvelle stratégie qu'il devait présenter mercredi soir aux Etats-Unis, selon des responsables. — Mandel NGan AFP/Archives

Les troupes américaines vont intensifier leur lutte contre les infiltrés iraniens et syriens qui opèrent en Irak, selon un document sur la nouvelle stratégie des Etats-Unis pour ce pays, rendu public mercredi par la Maison Blanche.

21.500 soldats en plus

L'ensemble du nouveau plan de bataille présidentiel en Irak, détaillé par George W. Bush mercredi soir, prévoit notamment l’envoi de 21.500 militaires américains supplémentaires en Irak, en sus des 132.000 militaires actuellement déployés. Mais selon un responsable américain, l'envoi de ces 21.500 hommes (4.000 Marines dans la province irakienne de Anbar et environ 17.500 soldats dans la capitale irakienne) ne se ferait pas en une seule fois. A en croire la chaîne de télévision CBS, quelque 11.000 hommes seraient déployés dans les prochaines semaines, le reste le serait dans les mois prochains.


Une mesure en contradiction avec le précédent discours du Président américain sur l’Irak, en juin 2005. Bush avait alors déclaré «qu’envoyer davantage de soldats n’encouragerait pas les Irakiens à se prendre en main et laisserait entendre que les Etats-Unis ont l’intention de rester pour toujours en Irak »…

Malgré l’envoi de nouvelles troupes cette année, Bush compte bien assigner à nouveau des objectifs au gouvernement irakien pour qu'il accélère sa prise de responsabilités. Son plan prévoit en particulier, selon des responsables américains, que le gouvernement irakien assume le contrôle du pays d'ici au plus tard en novembre 2007.

1 milliard de dollars

En échange, le Président américain devrait demander environ 1 milliard de dollars pour remettre sur pied l'économie, la société civile, les infrastructures et le système judiciaire de l'Irak, dévastés par la guerre. Pour l’heure, l'engagement militaire américain en Irak a déjà coûté aux Etats-Unis quelque 350 milliards de dollars depuis mars 2003.

George W. Bush, qui espère que cet ultime plan pour l'Irak sauvera ses deux dernières années de mandat, compte sur le soutien des nouveaux dirigeants démocrates du Congrès. Ceux-ci n'ont de toute façon pas les moyens d'empêcher le plan du chef de l'Etat, qui est aussi chef de l'armée et qui a toute latitude à cet égard. Un vote symbolique sur la nouvelle stratégie du président est tout de même prévu.

 

«Son discours va clairement montrer qu'il demande une escalade de la guerre en Irak», a déclaré Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat. Mais, a-t-il ajouté, «le peuple de ce pays ne soutient pas une escalade». L'opinion publique américaine est en effet largement opposée à une hausse du nombre de troupes comme en témoignent de récents sondages.

Près de quatre ans après l'invasion de l'Irak, plus de 3.000 soldats américains sont morts et plus de 22.000 ont été blessés alors que le pays, où la violence redouble depuis le début de l'année, est au bord d'une guerre civile.


C'est dit L'influent sénateur démocrate Edward Kennedy a estimé que l'Irak était «le Vietnam de George Bush», soulignant que «comme avec le Vietnam, la seule solution rationnelle à la crise est politique, pas militaire».