Blair, écolo de loin

Sandrine Cochard avec A. LG.

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Le Premier ministre britannique Tony Blair a appelé samedi, au cours d'une visite à Ankara, à soutenir le processus de paix au Proche-Orient et a réitéré son soutien à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne malgré une suspension partielle des négociations.
Le Premier ministre britannique Tony Blair a appelé samedi, au cours d'une visite à Ankara, à soutenir le processus de paix au Proche-Orient et a réitéré son soutien à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne malgré une suspension partielle des négociations. — AFP

Signer le protocole Kyoto, oui, se passer de l’avion, non ! Non content d'avoir passé de luxueuses vacances aux frais de son ami, l'ex-Bee Gees Robin Gibb, dans une villa de Floride, Blair continue sur sa lancée en affirmant qu'il continuera à prendre l'avion pour des destinations lointaines. Et ce malgré les accusations de pollution concernant le transport aérien, relayées par son ministre de l'Environnement, Ian Person, la semaine dernière.

«Je pense que ne pas prendre l'avion pour ses vacances est trop impraticable», a affirmé hier le Premier ministre britannique, alors qu’une loi sur le changement climatique, conforme aux promesses de réduire de 60% les émissions de dioxyde de carbone d'ici 2050, doit aussi être soumise cette année au parlement.

Tollé au Royaume-Uni
 
Ces déclarations ont valu un feu de critiques à Tony Blair qui, épinglé par le quotidien britannique The Guardian, a dû rectifier le tir. Lundi, le Premier ministre britannique affirmait encore qu’il ne croyait pas aux initiatives individuelles, laissant le soin à la science de sauver la planète.
Mardi, Downing Street change de ton et affirme au Guardian que les voyages de la famille Blair seraient désormais «compensés» financièrement en achetant des quotas de CO2.
A commencer par le dernier voyage des Blair, qui remonte aux dernières fêtes de fin d’année, à Miami.
 
Selon le site Climate Care, qui calcule les émissions de CO2 en fonction du mode de transports et du nombre de voyageurs, un aller-retour entre l’aéroport britannique d’Heathrow et Miami émet environ 2 tonnes de CO2 par un voyageur. Le site évalue la compensation financière à moins de 15 livres (22,37 euros) par personnes. Le Premier ministre, adepte de séjours à la Barbade, devra donc mettre la main au portefeuille pour s’il veut continuer à voyager tranquille. A moins qu’il n’opte pour des vacances au Royaume-Uni, moins glamour mais plus économiques.
 
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Débat : pour réduire la consommation de CO2, êtes-vous prêt à sacrifier vos transports et vacances ou pensez-vous, comme Blair, que la science doit apporter une réponse au changement climatique ?