Ukraine: Le président déchu Ianoukovitch demande l'aide militaire de la Russie

MONDE Dans un message lu devant le Conseil de sécurité de l'ONU ce lundi...

20 Minutes avec AFP
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Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, le 19 février 2014.
Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, le 19 février 2014. — EAST NEWS/SIPA

Le président  déchu ukrainien Viktor Ianoukovitch a demandé au  président russe  Vladimir Poutine l'aide militaire de Moscou «pour  défendre la population  ukrainienne», a indiqué lundi l'ambassadeur  russe à l'ONU.

S'exprimant devant le Conseil de sécurité, Vitali Tchourkine a  cité  un «message» en ce sens adressé à Poutine dans lequel   Ianoukovitch affirme que «l'Ukraine est au bord de la guerre civile à la  suite des événements intervenus à Kiev».

«Des vies sont menacées (...) des gens persécutés», souligne  le  message cité par l'ambassadeur. L'ex-président ukrainien y «demande   l'utilisation des forces armées de la Fédération de Russie pour protéger   la population ukrainienne», a-t-il ajouté.

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L'intervention russe en Crimée a pour unique objectif de  «défendre  nos compatriotes et nos citoyens», a également déclaré  l'ambassadeur,  répétant la position de Moscou.

Ianoukovitch est toujours le président légitime de l'Ukraine, même  si son autorité est «insignifiante», a estimé ce lundi le Premier ministre  russe Dmitri Medvedev.

Moscou a accepté d'assurer la protection de M. Ianoukovitch  sur le  territoire russe. Le président déchu est réapparu vendredi pour  la  première fois depuis sa destitution pour donner une conférence de   presse dans la ville russe de Rostov-sur-le-Don (sud).

«Les vainqueurs (à Kiev) veulent piétiner les droits  fondamentaux»  des minorités pro-russes et «menacer nos compatriotes et  la flotte de  le Mer noire», a insisté Tchourkine. «Les actions de la  Russie sont  légitimes», a-t-il conclu.

«Une violation des lois internationales»

Tour à tour, l'ambassadrice américaine Samantha Power et ses   homologues britannique, Mark Lyall Grant, et français, Gérard Araud, ont   réfuté les arguments russes.

L'initiative russe en Crimée «n'est pas une mission de  protection  des droits de l'homme mais une violation des lois  internationales et de  la souveraineté de l'Ukraine», a affirmé Samantha Power. «C'est un acte  d'agression et il doit cesser».

«Il n'y a aucune preuve de violences contre les communautés russes ou  pro-russes» en Ukraine, a-t-elle martelé. «La Russie réagit à une  menace imaginaire.»

«Du mauvais côté de l'Histoire»

Pour les Etats-Unis, a-t-elle ajouté, les autorités de Kiev  «ne sont  pas un gouvernement de vainqueurs mais un gouvernement du  peuple». Le président des Etats-Unis Barack Obama a également affirmé ce lundi  que la Russie  était «du mauvais côté de l'Histoire» en Ukraine, et  assuré que la  communauté internationale était unie pour rejeter  l'intervention de  Moscou chez son voisin.

«S'ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous  examinerons un  ensemble de mesures économiques (et) diplomatiques qui  isoleront la  Russie», a-t-il prévenu.

S'adressant au Conseil de sécurité, l'ambassadeur ukrainien  Iouri  Sergueyev a souligné que les forces armées ukrainiennes «avaient  fait  preuve de retenue jusqu'à maintenant», mais il a mis en garde  contre le  risque de «provocations» qui pourraient être utilisées par  l'armée  russe pour attaquer l'Ukraine. Il a demandé au Conseil «d'autoriser une  médiation internationale» dans cette crise.