Ukraine: Face à une Russie belliqueuse, les Occidentaux haussent le ton

MONDE Les réactions se sont multipliées à l’étranger après l’annonce de Vladimir Poutine d’une possible intervention militaire russe en Ukraine…

avec AFP

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La tension monte à Simféropol, en Crimée, à cause de l'arrivée d'hommes armés, le 1er mars 2014.
La tension monte à Simféropol, en Crimée, à cause de l'arrivée d'hommes armés, le 1er mars 2014. — Pierre Crom / LEJOURNAL/SIPA

Une voix quasi-unanime. Les Occidentaux faisaient monter la pression contre Moscou, après le feu vert obtenu samedi par Vladimir Poutine pour une intervention armée russe en Ukraine, où l'état d'alerte a été décrétée face aux menaces qui pèsent sur la Crimée et l'est du pays. L'Alliance atlantique a décidé de convoquer dimanche une réunion d'urgence des 28 ambassadeurs des pays membres de l'OTAN, avant une Commission OTAN-Ukraine prévue dans l'après-midi, a indiqué samedi son secrétaire-général Anders Fogh Rasmussen.

>> Notre synthèse de la journée de samedi est à lire ici

A la veille de la réunion d'urgence des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, le chef de la diplomatie grec, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, est attendu dimanche à Kiev où il rencontrera les nouveaux dirigeants ukrainiens. Il sera accompagné par son homologue britannique William Hague.

Dès samedi, les Etats-Unis ont exigé de la Russie qu'elle replie ses forces déployées en Crimée, dans le sud de l'Ukraine, faute de quoi elle s'exposait à un isolement international et à un impact «profond» sur ses relations avec Washington. Lors d'un appel téléphonique de 90 minutes, le président Barack Obama a affirmé à son homologue Vladimir Poutine qu'il avait violé la loi internationale en déployant des soldats russes en Crimée, et l'a appelé à «faire baisser les tensions en repliant ses forces dans leurs bases de Crimée». Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a renchéri, ajoutant que si rien ne changeait, «l'effet sur les relations entre les Etats-Unis et la Russie et sur la position internationale de la Russie sera profond».

Ligne très ferme en France, Pologne et Grande-Bretagne

A l'instar des Etats-Unis, plusieurs pays occidentaux, dont la France, la Pologne ou la Grande-Bretagne, ont adopté une ligne très ferme face à la Russie, certains, comme le Canada, rappelant même leur ambassadeur et annonçant qu'ils pourraient renoncer à participer au G8 prévu en juin à Sotchi si Washington faisait de même. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni samedi en urgence, la représentante américaine, Samantha Power, a réclamé le retrait des renforts russes de Crimée et suggéré l'envoi d'«observateurs internationaux» en Ukraine. 

>> A lire par ici notre reportage sur la crise en Géorgie en 2008

Samedi, Kiev a mis son armée en état d'alerte après le vote à l'unanimité par le Conseil de la Fédération (Sénat) russe du «recours sur le territoire de l'Ukraine aux forces armées russes jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays». Ce vote avait été demandé par Vladimir Poutine. Pour le président russe, cela signifie que la Russie se donne le droit de «protéger ses intérêts et les populations russophones» en cas de «violences» dans l'Est de l'Ukraine et en Crimée, comme il l'a déclaré à Barack Obama au cours de leur conversation téléphonique. Le président américain lui a rétorqué, selon la Maison blanche, que le meilleur moyen d'y parvenir était de s'adresser directement au gouvernement ukrainien.