Venezuela: 41 arrestations lors d'affrontements à Caracas

MONDE Des journalistes figurent parmi les personnes arrêtées...

avec AFP

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Un manifestant lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Caracas, au Venezuela, le 12 février 2014.
Un manifestant lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Caracas, au Venezuela, le 12 février 2014. — EFE/SIPA Ville : Caracas

Une quarantaine de personnes dont huit étrangers ont été arrêtées vendredi lorsque quelques centaines de manifestants ont à nouveau affronté à Caracas les forces de l'ordre vénézuéliennes, qui ont tenté de les disperser avec des gaz lacrymogènes, selon la télévision locale.

«L'opération spéciale de la Garde nationale (GNB) à Altamira a permis d'arrêter 41 (manifestants), dont huit étrangers soupçonnés de terrorisme international», a annoncé un bref reportage diffusé à la télévision d'Etat VTV.

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Selon un tweet du syndicat de presse (SNTP), la photographe italienne Francesca Commissari, du journal local El Nacional, fait partie des interpellés, ainsi que le journaliste américain Andrew Rosati, du Miami Herald, qui lui a été libéré au bout d'une demi-heure après avoir été frappé «à la tête et à l'abdomen par la GNB».

Pas de confirmation

Les autorités n'ont pas confirmé cette information ni donné de détails concernant les étrangers arrêtés au cours des violents affrontements qui ont eu lieu vendredi près de la place d'Altamira, dans le quartier chic de Chacao, situé à l'est de Caracas.

Les manifestants, pour la majorité très jeunes, et certains au visage masqué, ont fait tomber une pluie nourrie de cocktails molotov sur les forces de l'ordre, qui ont essayé de les disperser avec des canons à eau et des gaz lacrymogène, selon une équipe de l'AFP sur place.

Trois personnes ont été blessées, selon Ramon Muchacho, maire du quartier de Chacao dont la place Altamira, entourée de dizaines de barricades, est l'épicentre de manifestations quasi quotidiennes contre le gouvernement de Caracas depuis début février.

Ces manifestations étudiantes, appuyées par l'opposition sur le thème de l'insécurité et du coût de la vie, s'achèvent régulièrement par des incidents violents en soirée et des affrontements avec les forces de l'ordre.

Nouveau bilan: 18 morts

Selon la procureure générale du pays, Luisa Ortega Diaz, les heurts ont fait en trois semaines déjà 17 morts et 261 blessés, un bilan ensuite porté à 18 morts avec l'annonce par le président vénézuélien Nicolas Maduro de la mort d'un militaire, blessé lors d'une «embuscade» en parallèle d'une manifestation.

Celle de vendredi avait commencé dans le calme, avec le rassemblement de plusieurs centaines d'étudiants, opposants et journalistes pour dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme commises par les forces de l'ordre en marge des manifestations antigouvernementales.

«Nous avons recensé et vérifié puis présenté au défenseur du peuple ainsi qu'au parquet 33 cas de traitements cruels et inhumains ou de tortures», a déclaré à la presse Alfredo Romero, président de l'ONG Forum pénal vénézuélien.

L'association, qui «a déjà préparé des dossiers pour plusieurs instances internationales», dont la Commission interaméricaine des droits de l'homme, estime que 772 personnes sont détenues de façon abusive depuis le 9 février. 34 n'auraient toujours pas été relâchées et moins de la moitié déférées devant un tribunal.

Des membres des forces de l'ordre arrêtés

«Le ministère public ne va permettre sous aucun prétexte que soient violés les droits de l'Homme», a promis la procureure générale du Venezuela, qui a annoncé que 27 enquêtes avaient été ouvertes en raison d'exactions supposées des autorités.

Plus d'une dizaine de membres des forces de l'ordre ont été placés sous les verrous, donc cinq agents des services de renseignements (Sebin), accusés de la mort par balle de deux jeunes hommes - un opposant et un partisan du pouvoir - le 12 février, jour où la mobilisation a commencé à devenir plus violente.

Depuis la capitale colombienne Bogotá, le gouverneur et ancien candidat à la présidence, Henrique Capriles, principale figure de l'opposition, a critiqué «le gouvernement qui parle de paix mais réprime», affirmant qu'on ne peut «pas éteindre un feu avec de l'essence».