Ouverture lundi à New York du procès d'un gendre de Ben Laden

JUSTICE Après plusieurs reports, le procès d'un gendre de Ben Laden et ancien porte-parole d'Al-Qaïda doit s'ouvrir lundi à New York, rare plongée dans le monde de la nébuleuse terroriste…

avec AFP

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Souleymane Abou Ghaith, le gendre d'Oussama Ben Laden, en Afghanistan en 2001.
Souleymane Abou Ghaith, le gendre d'Oussama Ben Laden, en Afghanistan en 2001. — Gavin Rodgers / Rex Fea/REX/SIPA

Souleymane Abou Ghaith, 48 ans, déchu de sa nationalité koweïtienne après les attentats du 11-Septembre, est inculpé de complot visant à tuer des Américains, complot visant à apporter un soutien à des terroristes et soutien matériel à des terroristes. Il a plaidé non coupable et risque la réclusion à perpétuité à l’issue de son procès qui doit s’ouvrir lundi. Le gouvernement américain affirme qu'au lendemain des attentats du 11-Septembre, il se trouvait aux côtés de Ben Laden et du numéro 2 de l'organisation Ayman al-Zawahiri en Afghanistan, et avait averti les Etats-Unis qu'une «grande armée se formait contre (eux)». Il avait publiquement appelé «la nation de l'Islam» à se battre contre «les juifs, les chrétiens et les Américains».

Accusé de complicité avec Richard Reid

Après les attentats, qui avaient fait près de 3.000 morts à New York, Washington et en Pennsylvanie, il avait encore affirmé que «la tempête ne s'arrêtera(it) pas, spécialement la tempête des avions». Les procureurs new-yorkais l'ont également accusé de complicité avec Richard Reid, un Britannique qui avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami en décembre 2001 avec des chaussures piégées, trois mois après le 11-Septembre. Reid purge une peine de prison à vie aux Etats-Unis.

Témoignages par vidéo

Marié à l'une des filles de Ben Laden, Fatima, Souleymane Abou Ghaith a, selon l'accusation, travaillé pour Al-Qaïda jusqu'en 2002, année où il a quitté l'Afghanistan pour s'installer en Iran. Son procès à Manhattan, à environ un kilomètre du site des attentats du 11-Septembre, pourrait durer plusieurs semaines. A la demande de la défense, le juge fédéral Lewis Kaplan a autorisé le témoignage par circuit vidéo d'un ancien chauffeur de Ben Laden, Salim Hamdan, qui vit désormais au Yémen. L'accusation espère elle le témoignage, également par circuit vidéo, de Saajid Badat, un Britannique qui avait plaidé coupable et coopéré avec les enquêteurs après avoir été accusé de complicité avec Richard Reid. Condamné à 13 ans de prison, il a été libéré au bout de quelques années.

La défense a également demandé avant le procès de pouvoir interroger par écrit le cerveau auto-proclamé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed, détenu à Guantanamo. Elle a obtenu gain de cause, le juge reculant pour cela d'une semaine l'ouverture du procès. Mais la défense n'avait apparemment pas encore obtenu ses réponses à la veille du procès, en raison des procédures de sécurité. Ce procès commence lundi par la sélection des jurés, dont l'anonymat sera protégé.