Venezuela: Mobilisation contre la répression policière

avec AFP

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Etudiants, opposants et journalistes se mobilisaient vendredi au Venezuela pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme commises par les forces de l'ordre en marge des manifestations antigouvernementales qui ont fait 17 morts en trois semaines.

L'ONG Forum pénal vénézuélien, qui jusqu'à mercredi avait recensé 33 cas de violations des droits fondamentaux, a appelé à manifester ce vendredi sous le mot d'ordre «Tous au secours de nos droits», alors qu'ont commencé les festivités du Carnaval. Des victimes d'exactions de la part des policiers ont annoncé leur participation.

A la mi-journée, des manifestants commençaient à se rassembler dans le quartier de Mercedes, dans l'est de Caracas, a constaté une journaliste de l'AFP.

Depuis Bogota, la principale figure de l'opposition, le gouverneur et ancien candidat à la présidence, Henrique Capriles, a critiqué «le gouvernement qui parle de paix mais réprime», affirmant qu'on ne peut «pas éteindre un feu avec de l'essence».

Les autorités doivent comprendre que «le dialogue n'est pas un monologue», faute de quoi, la mobilisation va se poursuivre, a-t-il pronostiqué.

Victimes d'exactions

Les avocats de l'ONG Forum pénal ont fait état notamment d'un jeune homme victime de vexations à caractère sexuel au cours de sa garde à vue et d'une femme rouée de coups par la police sous les caméras de journalistes.

Sont également attendus des représentants du Syndicat national des travailleurs de la presse, qui ont dénoncé au moins 70 cas de harcèlement, de menaces, de détentions arbitraires ou de vols contre des journalistes locaux et étrangers.

Vendredi matin, la procureure générale du pays, Luisa Ortega Diaz, a admis devant la presse que 27 enquêtes avaient été ouvertes en raison d'exactions supposées des autorités. «Le ministère public ne va permettre sous aucun prétexte que soient violés les droits de l'homme», a-t-elle souligné.

Elle a par ailleurs livré un nouveau bilan de ces semaines de manifestations, faisant état de 17 morts et 261 blessés.

Plusieurs décès par balle ont été recensés, parfois du fait des forces de l'ordre, parfois du fait d'inconnus s'en prenant aux manifestants. D'autres sont des morts accidentelles (chutes, accidents de la route, etc.)

Plus d'une dizaine de membres des forces de l'ordre ont été placés sous les verrous, donc cinq agents des services de renseignements (Sebin), accusés de la mort par balle de deux jeunes hommes - un opposant et un partisan du pouvoir - le 12 février, jour où la mobilisation a commencé à devenir plus violente.

Besoin de dialogue

Par ailleurs, la justice a ordonné jeudi l'arrestation d'un deuxième opposant au président socialiste Nicolas Maduro, confronté à la plus importante vague de contestation depuis son élection de justesse en avril, qu'il qualifie de «tentative de coup d'Etat» soutenue par Washington.

Selon le parti Voluntad Popular (droite), Carlos Vecchio est recherché pour association de malfaiteurs et incitation à la violence, des charges identiques à celles retenues contre Leopoldo Lopez, 42 ans, l'un des fers de lance de la mobilisation, emprisonné depuis le 18 février.

Depuis début février, le Venezuela est le théâtre de manifestations étudiantes appuyées par l'opposition sur le thème de l'insécurité et du coût de la vie, qui s'achèvent régulièrement par des incidents violents en soirée.