Histoire: Le massacre de Nankin au coeur de la joute diplomatique sino-japonaise

HISTOIRE Chaque année six millions de visiteurs chinois se rendent au Mémorial...

avec AFP

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Mark Ralston AFP

Chaque année, six millions de visiteurs viennent au mémorial de Nankin, en Chine, où sont notamment exposés les ossements des victimes civiles et militaires de cette tuerie remontant à 1937.

Bataille de chiffres

La prise de Nankin, alors capitale de la République de Chine, avait donné lieu à une vague de meurtres, viols et pillages par les troupes japonaises.

La Chine chiffre à 300.000 le nombre des morts imputables aux militaires nippons durant les six semaines qui ont suivi leur entrée dans la ville le 13 décembre 1937. Un nombre affiché partout dans le mémorial.

 Mais, selon des universitaires étrangers, le nombre de victimes serait nettement moins élevé. L'historien américain Jonathan Spence estime ainsi que 42.000 civils et militaires ont été tués et 20.000 femmes violées, dont beaucoup sont mortes par la suite.

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Contexte de tensions entre Chine et Japon

Jeudi, la Chine a annoncé que le massacre de Nankin et la victoire contre le Japon lors de la Deuxième guerre mondiale (1945) seraient désormais célébrés par deux journées de commémoration nationale.

Une décision qui s'inscrit dans un contexte de vives tensions entre Pékin et Tokyo, et notamment de fortes dissensions portant sur l'Histoire.

Lutte de mémoires

Les autorités chinoises accusent le Japon de refuser d'accomplir un travail de mémoire douloureux sur les atrocités commises par son armée.

Les relations entre Tokyo et Pékin sont au plus bas depuis 2012 en raison d'un différend sur la souveraineté d'îles situées en mer de Chine orientale.

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La visite le 26 décembre dernier par le premier ministre nippon Shinzo Abe du sanctuaire Yasukuni à Tokyo, où sont enterrés des criminels de guerre, n'a fait que mettre de l'huile sur le feu.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement chinois avait organisé une visite du mémorial pour une quarantaine de journalistes étrangers, suivie d'une rencontre avec des survivants pour qu'ils puissent «voir de leur yeux» les preuves des atrocités japonaises, avait déclaré un porte-parole du ministère des affaires étrangères.