Centrafrique: L’opération Sangaris prolongée

MONDE Le Parlement a voté ce mardi la prolongation de l’opération française en Centrafrique…

Audrey Chauvet

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Des soldats français de l'opération Sangaris patrouillent le district PK12 de Bangui le 25 février 2014
Des soldats français de l'opération Sangaris patrouillent le district PK12 de Bangui le 25 février 2014 — Sia Kambou AFP

«Notre action n’est pas terminée»: Jean-Marc Ayrault a annoncé à l’Assemblée nationale ce mardi sa volonté de prolonger l’opération Sangaris en Centrafrique, menée depuis décembre 2013 par l’armée française. «Nos efforts ont commencé à porter leurs fruits», «l’embrasement a été évité» grâce à l’intervention de la France, a affirmé le Premier ministre devant les députés appelés à voter sur la prolongation de l’opération.

428 voix pour la prolongation

L'Assemblée nationale a autorisé mardi la prolongation au-delà de quatre mois de l'opération militaire française en Centrafrique. Les députés se sont prononcés par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions, l'ensemble des groupes ayant décidé de voter la prolongation, à l'issue d'un débat parfois tendu.

Engagée à hauteur de 35 millions d’euros en 2014, la France devrait recevoir l’aide de l’Union européenne, qui «va engager directement des soldats en Centrafrique», et peut-être par les Nations unies: la France «veut que le Conseil de sécurité examine début mars un projet d’intervention», a assuré Jean-Marc Ayrault.

Tous les groupes politiques favorables à la prolongation

Le Front de gauche, pourtant un des partis plus critiques sur l’intervention, a déclaré par la voix de André Chassaigne que «Retirer les soldats français aujourd'hui serait catastrophique pour la population». Le groupe UMP devrait également se prononcer pour la prolongation car «le vote UMP ne peut être fondé sur un règlement de comptes à l'égard du gouvernement», selon son président Christian Jacob. Socialistes, écologistes et radicaux de gauche ont déjà indiqué qu'ils voteraient pour.

L'opération militaire française en Centrafrique est approuvée par 42% des Français, soit sensiblement autant que début janvier, selon un sondage Ifop pour Sud Radio publié mardi avant le vote du Parlement. Toutefois, les prochains mois risquent d’être encore difficiles pour les troupes françaises: Jean-Marc Ayrault a admis mardi lors du débat au Parlement que les «difficultés» restaient «considérables» dans ce pays, malgré des «réels progrès» depuis l'intervention française. «Des élections doivent être organisées, d'ici février 2015 et des étapes importantes ont été franchies: le code électoral a été adopté et l'autorité électorale est en place», a rappelé le Premier ministre. «Il y a urgence à ce que la communauté internationale mette les moyens nécessaires au respect de ce calendrier», a-t-il fait valoir.

La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza «se réjouit que le peuple français accepte de voler au secours du peuple centrafricain», a annoncé son porte-parole à l'AFP, après l'annonce de cette décision. «La présidente exprime son sentiment de gratitude vis-à-vis de la France et de François Hollande au vu des efforts déployés pour sortir la Centrafrique de la situation difficile dans laquelle elle se trouve», a ajouté le porte parole de la présidence, Clément-Anicet Guiyama-Massogo.