Japon: Une partie des réfugiés de Fukushima pourront rentrer chez eux début avril

NUCLEAIRE Au vu de l'avancée des travaux de contamination, le gouvernement a annoncé que 300 personnes pourraient regagner leur maison à 20 km de la centrale...

M.C. avec AFP

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Une barrière bloque la route d'une zone interdite à Namie, dans la préfecture de Fukushima, le 21 février 2014.
Une barrière bloque la route d'une zone interdite à Namie, dans la préfecture de Fukushima, le 21 février 2014. — NEWSCOM/SIPA

Ordre d’exclusion levé. Le 1er avril, les habitants d’un quartier de la ville de Tamura, située à vingt kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi, pourront rentrer chez eux, ont annoncé ce lundi les autorités japonaises. 300 personnes seraient concernées pour l’instant, mais dans les deux prochaines années, les habitants des autres communes qui entourent la centrale, gravement endommagée par le tremblement de terre puis le tsunami du 11 mars 2011, pourraient être autorisés à rentrer chez eux, soit 30.000 personnes. Ce, au gré des travaux de décontamination, initialement prévus pour être achevés fin mars, mais qui ont été prolongés de trois ans en décembre dernier.

Contamination encore élevée selon Greenpeace

Mais les anciens résidents des zones évacuées sont divisés sur l'opportunité ou non de retourner chez eux, certains craignant pour leur santé en raison des niveaux de radiation résiduels toujours mesurés sur place. En octobre dernier, Greenpeace, qui s’était rendue sur place, s’était alarmée de niveaux de rayonnement encore élevés dans le quartier de Miyakoji, celui qui sera réouvert à la population. L’organisation, qui a publié un photoreportage effectué sur place, expliquait qu’il est impossible de décontaminer les montagnes environnantes, où on ne peut pas empêcher la population de se rendre.

En vertu des directives gouvernementales, les zones proches de la centrale Fukushima Daiichi peuvent être déclarées comme de nouveau habitables si une personne y est exposée à une dose radioactive de moins de 20 millisieverts par an. Officiellement, les autorités voudraient que les travaux de décontamination abaissent ce niveau à un millisievert par an.

100.000 personnes ne peuvent toujours pas rentrer chez elles

La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) recommande une exposition moyenne d'un millisievert par an, mais estime qu'en dessous de 100 millisieverts par an, il n'y a pas de hausse importante du risque de cancer chez les personnes concernées. Une radio effectuée dans un hôpital délivre quelque 10 millisieverts, d'après l'Institut national des sciences radiologiques du Japon.

Presque trois ans après le séisme, le tsunami et l'accident nucléaire de Fukushima dans le nord-est du Japon, une centaine de milliers de personnes originaires de la région dévastée ne sont toujours pas rentrées chez elles, d'après l'Agence de reconstruction. Le tremblement de terre et le raz-de-marée avaient fait plus de 18.000 morts et entraîné la catastrophe nucléaire.