Ukraine: Ianoukovitch annonce la «trêve» avec l'opposition avant l'arrivée de diplomates européens

UKRAINE L’Otan et les Etats-Unis mettent en garde le pouvoir ukrainien…

avec AFP

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L'opposition ukrainienne lors des affrontements avec la police, le 19 février 2014.
L'opposition ukrainienne lors des affrontements avec la police, le 19 février 2014. — Barbaros Kayan/LEJOURNAL/SIPA

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé mercredi la «trêve» avec l'opposition avant l'arrivée à Kiev de diplomates européens alors que la menace de sanctions occidentales pèse sur son régime au lendemain des violences et d'un assaut policier qui ont fait 26 morts à Kiev.

L'Otan a averti l'Ukraine d'une remise en cause possible de sa coopération avec ce pays si l'armée intervenait contre les manifestants de l'opposition. «J'appelle instamment le gouvernement ukrainien à éviter toute nouvelle violence», a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.

La capitale ukrainienne sera jeudi le théâtre d'une intense activité diplomatique, avec le venue simultanée des chefs de la diplomatie française, allemande et polonaise et d'un haut responsable russe. Dans cette perspective, le président Ianoukovitch a annoncé «la trêve et la reprise des pourparlers pour arrêter le bain de sang» à l'issue d'une rencontre avec les trois leaders de l'opposition.

Barack Obama avertit des «conséquences» de la violence en Ukraine

Dans une adresse à la nation en pleine nuit de mardi à mercredi alors que les policiers donnaient l'assaut contre les manifestants dans le centre de Kiev, le président s'est montré beaucoup plus dur envers l'opposition qu'il avait accusée d'avoir appelé à une «lutte armée» pour prendre le pouvoir et menacée de poursuites. Lui emboîtant le pas, la Russie a dénoncé une «tentative de coup d'Etat».

Mais le président américain Barack Obama a averti mercredi des «conséquences» de la violence en Ukraine et souligné que le pouvoir devait garantir aux «manifestants pacifiques» le droit de s'exprimer «sans peur de la répression».

Répit après les affrontements

Dans le centre de la capitale ukrainienne envahi de fumée noire, un calme tendu a régné mercredi, un répit après les affrontements meurtriers de la veille. Les manifestants ont continué à brûler des pneus sur le Maïdan, haut lieu de la contestation depuis la volte-face pro-russe du pouvoir fin novembre qui s'est transformée en un rejet total du régime. Le président Ianoukovitch a remplacé le chef de l'Etat-major des armées qui était contre l'utilisation de l'armée «pour limiter les droits des citoyens».

«Il faut rétablir le dialogue politique entre opposition et pouvoir», a déclaré le ministre français Laurent Fabius, qui sera accompagné de Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Radoslaw Sikorski (Pologne). Les trois ministres doivent notamment rencontrer le président Ianoukovitch, avant de partir pour Bruxelles rendre compte à leurs homologues européens lors d'une réunion extraordinaire.