Bush veut toujours gagner sa guerre

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George W. Bush réunit jeudi dans son ranch du Texas (sud) les plus hauts responsables américains pour évaluer ses options avant l'annonce en janvier d'une nouvelle stratégie en Irak.
George W. Bush réunit jeudi dans son ranch du Texas (sud) les plus hauts responsables américains pour évaluer ses options avant l'annonce en janvier d'une nouvelle stratégie en Irak. — Tim Sloan AFP

Dossier majeur des élections de 2007, la guerre en Irak risque de donner du fil à retordre au président américain, George W. Bush. Nombre de ses alliés républicains au Congrès, qui fait sa rentrée aujourd'hui et où les démocrates ont la majorité, s'opposent en effet à une escalade militaire pour un conflit impopulaire. « Si le Président propose une escalade en Irak, je m'y opposerai, et de nombreux collègues au Congrès feront de même », a prévenu le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Joseph Biden. Au Congrès, c'est désormais les démocrates qui tiennent les cordons de la bourse.

Le président américain aura donc fort à faire pour convaincre la nouvelle majorité. Mais il semblait hier relativement confiant, appelant les démocrates à soutenir ses priorités budgétaires, dont la plus importante : « Gagner la guerre contre le terrorisme. » Depuis plusieurs mois, Bush n'a de cesse d'affirmer que, concernant l'Irak, « toutes les options » sont sur la table. Sauf que le président américain ne veut pas seulement diminuer les violences entre communautés sunnite et chiite qui font rage depuis presque un an, il veut aussi la « victoire ». D'ici au 15 janvier, il devrait donc annoncer une nouvelle stratégie. Et, selon la presse américaine, loin de répondre aux attentes de la majorité des Américains, qui espère un retrait des « boys », Bush serait partisan de l'envoi de 20 000 soldats supplémentaires. Un choix qui pourrait coûter son poste au général Casey, commandant des 144 000 GI en Irak. Considéré comme plus préoccupé par un prochain retrait que par une véritable victoire, Casey pourrait être rappelé à Washington en février ou en mars, a révélé mardi le New York Times.

Le cap des 3 000 soldats tués a été franchi le 31 décembre. « Une étape macabre en Irak », titrait mardi l'International Herald Tribune. Le quotidien note qu'avec 111 morts, décembre a été le troisième mois le plus meurtrier depuis le début de l'invasion.