Ukraine: Le bilan s'alourdit à 16 morts

N. Bg. avec AFP

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Manifestants anti-gouvernement à Kiev le 18 février 2014.
Manifestants anti-gouvernement à Kiev le 18 février 2014. — FRANCESCA VOLPI/SIPA

Dernière info (4h00):  Seize personnes, civils et policiers, ont été tués mardi au cours des violences à Kiev, selon un dernier bilan disponible, alors qu'un nouvel assaut est en cours.

La violence reprend de plus belle, et le bilan, mortel, s'alourdit d'heure en heure, à 16 victimes. Une rencontre entre le président Ianoukovitch et l'opposition, organisée dans la nuit, n'a rien donné, selon l'un de ses leaders, Vitali Klitschko.

Les manifestants rassemblés sur la place du Maïdan à Kiev, occupée depuis près de trois mois, ont dressé mardi soir un mur de feu pour se protéger des policiers qui ont commencé à les déloger. Au milieu de la nuit, les forces de l'orde ont donné un nouvel assault alors que des manifestants venus de reste du pays convergent vers Kiev.

>> Notre éclairage: Qui sont les manifestants anti-gouvernement?

Précédés de trois véhicules blindés équipés de canons à eau, plusieurs centaines de Berkout, les membres redoutés des forces antiémeute, ont commencé à progresser vers la place de l'Indépendance -Maïdan-, franchissant plusieurs barricades dressées en vain pour les arrêter. Equipés de porte-voix, les policiers avaient auparavant demandé aux femmes et aux enfants de quitter les lieux, évoquant le déclenchement d'une «opération antiterroriste».

Des policiers équipés de fusils d'assaut kalachnikov étaient déployés en seconde ligne.

Ci-dessus: Vidéo en live-feed des manifestations à Kiev

Les forces de l'ordre progressaient très lentement et le long de plusieurs axes, utilisant des grenades lacrymogènes et assourdissantes, ainsi que des canons à eau, pour faire reculer les manifestants en première ligne, qui ripostaient à l'aide de pavés et de cocktails Molotov, incendiant partiellement un véhicule blindé.

Un leader de l'opposition parti rencontrer le président

Derrière eux, plusieurs milliers de manifestants entonnaient l'hymne national ukrainien. Parmi les dizaines de tentes parsemant le Maïdan, plusieurs étaient en feu, atteintes par des cocktails molotov ou des grenades.

«On ne partira pas d'ici, c'est un îlot de liberté», a promis à la foule l'un des leaders de l'opposition, Vitali Klitschko. «Le pouvoir a déclenché une guerre contre son propre peuple, les responsables des pays démocratiques ne peuvent pas rester inactifs», a asséné l'ancien champion du monde de boxe. Celui-ci s'est rendu à la présidence pour rencontrer Viktor Ianoukovitch, a indiqué mardi soir sa porte-parole. «Klitschko est arrivé rue Bankova (où se trouve la présidence). Il est allé voir Ianoukovitch», a écrit Oksana Zinovieva sur son compte Twitter.

Cet assaut survient après une journée d'affrontements, les plus meurtriers depuis le début de la contestation, qui ont fait au moins quatorze morts mardi, cinq civils et sept policiers, selon un bilan dressé par la police mardi soir. Par ailleurs, au moins 150 manifestants ont été blessés mardi, dont 30 grièvement - l'un ayant eu la main arrachée en ramassant une grenade assourdissante -, selon Oleg Moussiï, chef du service médical de l'opposition. Quelque 159 policiers ont été blessés, dont 35 grièvement, a-t-on affirmé de source officielle.

Violences dans l'ouest du pays

Parallèlement, des manifestants ont pris d'assaut ce mardi soir l'administration régionale et le siège de la police à Lviv, fief nationaliste dans l'ouest de l'Ukraine, a constaté un journaliste de l'AFP. Quelque 500 opposants ont jeté des pierres en direction de l'administration régionale, puis y sont entrés sans rencontrer de résistance. Une centaine de protestataires ont ensuite pris d'assaut le siège de la police régionale.

Ce mouvement de protestation, né en novembre de la volte-face du pouvoir qui a préféré un rapprochement avec la Russie plutôt qu'un accord avec l'UE, s'est rapidement transformé en un rejet pur et simple du régime.