Paysans roumains, unissez-vous!

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La France va ouvrir début janvier son marché du travail aux ressortissants de la Bulgarie et de la Roumanie, nouveaux membres de l'Union européenne, dans 62 métiers de sept secteurs, mais maintenir des restrictions dans les autres branches.
La France va ouvrir début janvier son marché du travail aux ressortissants de la Bulgarie et de la Roumanie, nouveaux membres de l'Union européenne, dans 62 métiers de sept secteurs, mais maintenir des restrictions dans les autres branches. — Daniel Mihailescu AFP

Depuis le 1er janvier, l'Europe verte s'implante dans les prés roumains. Ou presque. En Roumanie, l'agriculture occupe 43 % de la population active et pèse 12 % du PIB. Mais elle ne profitera que progressivement de la politique agricole commune (PAC). Les paysans roumains devront en effet attendre 2013 pour obtenir la parité avec leurs homologues européens. Jusque-là, ils ne toucheront que 50 e par hectare de maïs, contre 300 e en France. En outre, 80 % des exploitations, trop petites, ne pourront prétendre à ces aides.

Certains agriculteurs tentent donc de s'organiser. Comme Valentin Mitrica, président de l'association de communes de Sudolj, 53 000 habitants. « Il y a déjà une vingtaine de coopératives dans le pays. On veut inciter les sept mille agriculteurs indépendants à s'organiser en parcelles de 20 à 50 hectares, pour que les aides de la PAC soient réparties avec plus de justice que les fonds de préadhésion », explique-t-il. Cette stratégie permet, par exemple, de lancer des projets de modernisation subventionnés par l'Union à hauteur de 1 200 e. Un besoin que la mise aux normes sanitaires des exploitations rend urgent. Mais les agriculteurs n'en ont pas toujours conscience. C'est ce qui inquiète Francisc Giurgi, le président de l'association Villages de Roumanie, qui habite une zone d'élevage dans le nord du pays : « Dans ma commune, nous avons une laiterie moderne, mais les gens ne sont pas prêts à s'associer à cause du souvenir des collectivisations forcées sous le communisme. Seules deux cents exploitations sur deux mille pourront s'adapter en investissant dans des tireuses à lait et en transformant les bâtiments. Les autres disparaîtront avec la concurrence d'un marché européen ouvert et les quotas laitiers. » Valentin Mitrica se veut plus confiant. Il compte même engager une stratégie de développement globale, en misant notamment sur l'écotourisme.

A Bucarest, Virginie Leray et Charlotte Mannevy