Tout comprendre de l'épopée de 12.500 kilomètres du «naufragré du Pacifique»

Vincent Vanthighem
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Le naufragé du Pacifique
Le naufragé du Pacifique — HILARY HOSIA AFP

Les éditeurs et producteurs de films américains doivent déjà être sur les rangs pour obtenir les droits. Débarqué sur une plage des îles Marshall, celui que toute la presse surnomme déjà le «naufragé du Pacifique» révèle chaque jour un peu plus de son épopée de treize mois durant lesquels il a dérivé seul sur l’océan. Une odyssée tellement surprenante qu’elle a suscité beaucoup de scepticisme chez les spécialistes de la mer. Ce dimanche, une étude universitaire vient pourtant corroborer le récit de José Alvarenga. 20 Minutes fait le point…

Quelle est cette étude qui corrobore son récit?  

Menée par l’université de Hawaï à Manoa, l’étude universitaire s’est appuyée sur un modèle développé pour examiner les variations des courts à la surface de l’océan. «Les déclarations de José Alvarenga sur sa dérive pendant 13 mois et sur son point de départ, le Mexique, correspondent aux conclusions de notre expérience et aux schémas des vents et des courants océaniques pendant sa traversée», note l'étude (à lire ici en anglais).

Les paramètres de l'expérience ont été empruntés aux schémas de dérive des débris des bateaux du Japon à Hawaï, à travers le Pacifique, après le tsunami de mars 2011.

Quel parcours José Salvarenga a-t-il emprunté? 

Parti de l’Etat du Chiapas, dans le sud du Mexique, en décembre 2012, il a réapparu 13 mois plus tard à 12.500 kilomètres de son point de départ au sud de l’atoll des îles Marshall.



Le naufragé du Pacifique se prépare à retrouver... par 20Minutes

Comment a-t-il survécu?

Il assure qu’il a pu résister en se nourrissant d’oiseaux, de poissons et en buvant du sang de tortue ainsi que son urine.

Dans quel état se trouve-t-il? 

Jeudi, le psychiatre Angel Fredi Sermeño avait indiqué que le miraculé souffrait depuis son aventure d'une phobie de la mer. En raison de ce diagnostic, «il n'est pas recommandé pour l'instant» qu'il rentre dans son village natal de Garita Palmera, situé sur la côte, à 120 km au sud-ouest de San Salvador, a-t-il précisé. Les médecins ont diagnostiqué «un épuisement mental» ainsi qu'un «stress post-traumatique», qui le font régulièrement éclater en sanglots, selon le Dr Sermeño.

De nouveaux examens doivent être menés et il restera hospitalisé jusqu’à lundi.

Comment a-t-il rejoint l’île?

La nuit du 29 janvier, il est parvenu à amener son embarcation à la nage sur le rivage d’une île de l’atoll. Epuisé, il s’est endormi sur le sable et a été réveillé le lendemain par le chant des coqs.

«Il a échoué au bout de l'île, un coin inhabité, mais de là on peut voir aisément la seule maison située de l'autre côté de la passe, sur l'île voisine», a expliqué Ione de Brom, la maire d’Ebon. Les deux îles coraliennes couvertes de cocotiers sont à un jet de pierre et «les gens peuvent s'interpeller en criant». C'est ce qu'a fait Alvarenga dès les premières clartés.

Comment a-t-il été accueilli?

Amy Libokmeto et Russell Laijedrik, les deux seuls habitants d'Eneaitok, ont entendu appeler et aperçu un homme qui criait en une langue qu'ils ne comprenaient pas, en agitant les bras avec un couteau dans une main.

«Nous n'avions pas peur. Mais nous étions surpris, a indiqué Amy Libokmeto. Nous sommes allés à sa rencontre et je lui parlais avec quelques mots d'anglais en lui montrant le couteau et en lui disant ‘’posez-le, posez-le’’»

Les cheveux longs, la barbe hirsute, vêtu d'un caleçon en lambeaux, l'homme a immédiatement lâché le couteau. «Puis il s'est abandonné et s'est effondré sur la plage», a ajouté l'habitante.

Comment ont-ils communiqué?

Les îliens parlent anglais. José Alvarenga, espagnol. C’est donc «Dora l’exploratrice» qui a fait le lien. Lors de sa première rencontre avec des hommes sur un atoll des Marshall après 13 mois en mer, le naufragé du Pacifique, hirsute et affamé, a en effet pu expliquer d'où il venait grâce aux quelques mots d'espagnol appris par les îliens en regardant le dessin animé «Dora l'exploratrice».