Ukraine: L'opposition évacue la mairie mais veut montrer sa force

OPPOSITION Les manifestants vont ce réunir ce dimanche, pour la onzième fois depuis le début de la contestation…

avec AFP
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Les Etats-Unis, après l'Europe, vont tenter jeudi de faire pression en vue d'une solution politique en Ukraine, au lendemain d'un avertissement de la Russie contre tout changement de cap à Kiev.
Les Etats-Unis, après l'Europe, vont tenter jeudi de faire pression en vue d'une solution politique en Ukraine, au lendemain d'un avertissement de la Russie contre tout changement de cap à Kiev. — Sergei Supinsky AFP

L'opposition ukrainienne a évacué dimanche la mairie de Kiev qu'elle occupait depuis décembre, après la libération de militants arrêtés, et à quelques heures d'une nouvelle mobilisation massive dans la rue contre le président Viktor Ianoukovitch.

L'évacuation d'ici à lundi de la mairie, haut lieu de la contestation, était un préalable exigé par les autorités pour amnistier les manifestants arrêtés. «La mairie est évacuée», a déclaré le «commandant» des lieux, Rouslan Andriïko, du parti nationaliste Svoboda, avant de lancer une mise en garde: «la révolution continue jusqu'à la victoire. Si les autorités violent leurs engagements, nous prendrons de nouveau la mairie d'assaut, définitivement».

Nouvelle manifestation

L'initiative précède de quelques heures une nouvelle manifestation. L'opposition se mobilise en effet à nouveau massivement dans la rue ce dimanche contre le président Viktor Ianoukovitch, tout en se déclarant prête à des concessions, après la libération de militants.

Pour la onzième fois depuis le début il y a près de trois mois de la contestation, née de la volte-face du pouvoir qui a renoncé à un rapprochement avec l'Union européenne pour se tourner vers la Russie, les manifestants se réunissent à midi (11 h, heure française) sur le Maïdan, la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev.

Rejet pur et simple du régime

Le précédent rassemblement, dimanche 9 février, avait réuni près de 70.000 personnes sur le Maïdan, occupé depuis près de trois mois, couvert d'une centaine de tentes et entourée de barricades. Le mouvement de contestation s'est transformé au fil des semaines en un rejet pur et simple du régime du président Viktor Ianoukovitch, et ni la démission du gouvernement ni les négociations engagées après les affrontements, qui ont fait quatre morts et plus de 500 blessés fin janvier, n'ont réglé le conflit.

Les opposants ont promis de préparer dimanche «une offensive pacifique» pour obtenir la satisfaction de leurs revendications. Pour désamorcer la tension, les autorités ont annoncé vendredi avoir libéré la totalité des 234 manifestants interpellés depuis décembre. Mais les accusations pesant sur eux, qui peuvent valoir aux opposants de lourdes peines allant jusqu'à 15 ans de prison, ne seront abandonnées, en vertu d'une loi d'amnistie adoptée en janvier, que si les contestataires évacuent les bâtiments officiels qu'ils occupent, dont la mairie de Kiev.

Le président Ianoukovitch appelle à «des concessions»

En contrepartie, le président Ianoukovitch a appelé vendredi soir l'opposition à «faire aussi des concessions». Le parti nationaliste Svoboda qui contrôle la mairie s'est déclaré samedi «prêt» à évacuer le bâtiment une fois que la décision sera rendue publique par le «conseil» du Maïdan composé de représentants des partis d'opposition et de militants civils.

«Le délai expire lundi (...) Nous voulons que cette décision soit approuvée par toutes les forces d'opposition», a souligné IOuri Syrotiouk, numéro deux de la formation. La décision pourrait être annoncée lors de la manifestation dimanche.