Syrie: Londres et Paris blâment le régime pour l'échec des négociations

CONFLIT Selon le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, cet échec représente «un sérieux revers»...

B.D. avec AFP

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Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague (c) à Genève, le 23 novembre 2013
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague (c) à Genève, le 23 novembre 2013 — Fabrice Coffrini AFP

Après l'échec à Genève des négociations entre l'opposition et le gouvernement syriens, la France «condamne l'attitude du régime syrien qui a bloqué toute avancée», a déclaré ce samedi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Son homologue britannique  William Hague, a également jugé le régime de Bachar-al-Assad responsable de cet échec, qui représente selon lui «un sérieux revers».

«La deuxième session de négociations vient de s'achever sans succès à Genève», a dit Laurent Fabius dans un communiqué. «Je condamne l'attitude du régime syrien qui a bloqué toute avancée sur l'établissement d'un gouvernement de transition et multiplié les violences et les actes de terreur a l'encontre des populations civiles», a-t-il ajouté.

«Un sérieux revers»

Il a salué «le courage et le sens des responsabilités de la Coalition nationale syrienne qui a adopté une position constructive tout au long des négociations». «Ceux qui exercent une influence sur le régime doivent l'amener au plus vite à respecter les demandes de la communauté internationale», a poursuivi le ministre dans une claire allusion à la Russie.

Les commentaires du médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, lors de sa conférence de presse samedi matin «mettent clairement en évidence que le régime a refusé de discuter d'une autorité gouvernementale de transition, un sujet qui est au coeur des négociations et qui représente un moyen essentiel de mettre fin au conflit», a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie britannique, William Hague, dans un communiqué.

«L'impossibilité de s'entendre sur le programme des prochaines sessions de négociations (...) représente un sérieux revers en vue de trouver la paix en Syrie, et la responsabilité en incombe directement au régime d'Assad», a-t-il encore dit.

Cet échec «peut marquer la fin de la route»

L'échec de ces négociations «peut marquer la fin de la route. Mais avec la guerre en Syrie qui, chaque jour, fait toujours plus de morts et cause toujours plus de dégâts, nous avons le devoir, vis-à-vis du peuple syrien, de tout faire pour enregistrer des progrès en vue d'une solution politique», a-t-il encore dit, apportant son «plein soutien à Lakhdar Brahimi».

Londres a par ailleurs estimé qu'il était désormais encore «plus urgent de parvenir à s'entendre sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour répondre à la souffrance humanitaire consternante en Syrie». «Les habitants des régions syriennes assiégées et de nombreuses zones du pays qui ne reçoivent pas d'aide ne peuvent pas attendre», a estimé William Hague.

Après le refus, selon Lakhdar Brahimi, de la délégation du gouvernement syrien d'appliquer l'ordre du jour, le médiateur de l'ONU a mis fin samedi aux discussions inter-syriennes qui étaient dans l'impasse depuis trois semaines à Genève et n'a fixé aucune date pour une reprise.

Le conflit syrien, qui dure depuis trois ans, a fait plus de 140.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation non-gouvernementale syrienne qui s'appuie sur un large réseau de sources médicales et de militants à travers le pays.