La France et les Etats-Unis sont «amis pour la vie», dit Hollande devant Obama

DIPLOMATIE Le président français a entamé sa visite américaine de trois jours, qui passe notamment par Washington et San Francisco...

avec AFP
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François Hollande et Barack Obama à bord d'Air Force One, le 10 février 2014.
François Hollande et Barack Obama à bord d'Air Force One, le 10 février 2014. — RUET PRESIDENCE/SIPA

Nicolas Sarkozy parlait de son «copain» Obama. François Hollande, lui, s'est montré plus formel lundi, aux premières heures de son voyage de trois jours aux Etats-Unis. Il a commencé par une visite au domaine du troisième président américain, le très francophile Thomas Jefferson, avant de passer aux choses sérieuses, mardi.

«Alliés, nous l'étions au temps de Jefferson et de La Fayette, alliés nous le sommes encore aujourd'hui, amis nous le sommes pour toujours», a déclaré le chef de l'Etat français à Monticello, le domaine bâti par Jefferson, à 200 km au sud-ouest de Washington.

Dîner avec Obama et Lagarde

François Hollande et Barack Obama étaient arrivés dans l'après-midi après un bref vol à bord d'Air Force One depuis les environs de Washington, où l'Airbus présidentiel français s'était posé peu avant 14H30 (20h30 à Paris).

L'escapade champêtre de Monticello devait permettre aux deux dirigeants de parler, de manière informelle, «des relations (franco-américaines) dans un environnement évoquant leur histoire, et des possibilités qu'elles recèlent», selon un haut responsable de l'administration Obama à l'AFP.

François Hollande doit dîner lundi soir à la résidence de France à Washington avec la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le président de la Banque mondiale, l'Américain Jim Yong Kim.

Appel sur le climat

Le cadre sera plus solennel mardi à 9h00 (15 heures à Paris) sur la pelouse sud de la Maison Blanche pour une arrivée ponctuée de 21 coups de canon, des hymnes nationaux et d'un passage en revue de troupes.

Les deux présidents ont lancé un appel à un accord ambitieux sur le climat, enjeu d'une conférence à Paris l'an prochain. Dans une tribune commune lundi dans Le Monde et le Washington Post, ils demandent «à tous les pays à s'associer à notre recherche d'un accord mondial ambitieux et global pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre par des mesures concrètes».

Souhaitant «une alliance transformée» entre leurs deux pays, ils ont aussi évoqué leurs positions communes sur l'Iran et la Syrie, et souligné que l'Afrique «du Sénégal à la Somalie» est le théâtre «le plus visible» du «nouveau partenariat» noué par leurs deux pays, citant le Mali, le Sahel et la Centrafrique.

Conférence de presse commune mardi après-midi

Obama et Hollande s'entretiendront mardi dans le bureau ovale avant une conférence de presse. Les dossiers internationaux (Syrie, Iran, Ukraine, Sahel et Libye) devraient être évoqués, ainsi que les relations économiques. Le président français conclura sa visite mercredi par une escale à San Francisco, berceau d'entreprises informatiques de pointe.

Les liens entre Obama et Hollande reposent sur «une relation personnelle de qualité», affirme-t-on à l'Elysée, la Maison Blanche exaltant l'amitié durable entre Paris et Washington. Ombre au tableau, les pratiques de l'agence de renseignement NSA, visant notamment les alliés européens des Etats-Unis et mises au jour par l'ancien consultant Edward Snowden en 2013.

Les cartons d'invitation changés post-rupture

Officiellement, la rupture de François Hollande et Valérie Trierweiler n'a pas eu de conséquences sur le programme. Le dirigeant français se présente seul pour cette visite d'Etat à Washington, comme l'avait fait le Chinois Hu Jintao en 2011.

Le New York Times affirmait cependant ce week-end que la séparation annoncée fin janvier, très commentée par les éditorialistes américains, avait contraint la Maison Blanche à imprimer de nouveaux cartons d'invitation sans le nom de l'ex-compagne du président.